Développer "Metta" l'amour inconditionnel envers les êtres

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Développer "Metta" l'amour inconditionnel envers les êtres

Message  Dhyân le Mer 27 Fév - 6:05

Développer "Metta" l'amour inconditionnel envers les êtres dans le Bouddhisme Traditionnel. Very Happy

Metta, c'est quoi au juste :

- Le Metta Bhavana: développer la bienveillance :
« Bhavana » signifie « développement » ou « culture » (dans le sens de « fait de cultiver »), et « metta » est un mot signifiant « amour », « gentillesse » ou « bienveillance ». Il s'agit donc d'une pratique de méditation dans laquelle on cultive activement des états émotionnels très positifs envers d'autres personnes, ainsi qu'envers soi-même.

Cette pratique nous aide à créer davantage d'harmonie dans nos relations avec les autres, et nous permet de ressentir moins de conflits, de résoudre des difficultés existantes, et d'approfondir nos rapports avec les personnes avec lesquelles nous nous entendons déjà. Elle nous aide à avoir plus d'empathie envers les autres, à avoir plus d'égards pour les autres, à être plus gentil et à pardonner. Nous pouvons également apprendre à apprécier davantage les autres, à nous concentrer plus sur leurs qualités positives et moins sur leurs défauts.

Dans cette pratique de méditation, nous cultivons aussi de la metta envers nous-même, de façon à ressentir moins de conflits internes et à apprendre à nous apprécier davantage.

La compassion : Karuna en pali

"La compassion est le sentiment par lequel on est porté à percevoir ou ressentir la souffrance des autres, et poussé à y remédier. Étymologie: com- : avec; -passio : souffrance. Il s'agit donc d'un calque latin du grec sym-patheia, sympathie, dont le sens avait dévié. D'où le besoin de ce mot, ainsi que de celui d'empathie."

ou encore :

"L'être humain possède la merveilleuse faculté d'être capable de supporter les souffrances inhérentes à la vie et de les transformer en une immense compassion. Cette compassion se manifeste lorsque notre cœur est ouvert et que nous lui permettons d'être sensible à la douleur des autres. C'est un flot de bonté et d'empathie pour tous les êtres."

Différence entre l'amour et la compassion :

Pour Thich Nhat Hanh :

L’amour est un état d’esprit qui apporte paix, joie et bonheur. La compassion est un état d’esprit qui ôte à l’autre sa souffrance. Chacun de nous porte en soi les graines d’amour et de compassion et peut développer les merveilleuses sources de leur énergie. Nous pouvons nourrir l’amour inconditionnel, qui n’attend rien en retour et donc ne génère ni anxiété ni souffrance.

L’essence de l’amour et de la compassion est la compréhension, la capacité de reconnaître les souffrances physiques, matérielles et psychologiques d’autrui, de nous mettre dans la peau de l’autre. Nous pénétrons son corps, ses sentiments et ses formations mentales et ressentons en nous sa souffrance.


1) Courte formule de Mettà:

Il est bon de pratiquer d'abord des respirations longues et courtes, dix fois pour chaque catégorie, en expirant et aspirant lentement et avec conscience. Les salutations au Bouddha, Dhamma et Sangha, peuvent être récitées d'abord. Lorsque les respirations sont redevenues normales, selon un rythme naturel pour le pratiquant, on doit mentalement se dire, dans un sentiment de bienveillance :

" Puissé-je être heureux,
Garder mon bonheur,
Et vivre sans inimitié.
Puissent tous les êtres animés
Grands ou petits,
Forts ou faibles,
Près ou loin,
Visibles ou invisibles, vivre heureux,
Et vivre sans inimitié."

Il faut arriver à se sentir rempli de bienveillance, ne pouvoir concevoir une autre idée que bienveillance pour tous, autour de tous, en tous. On doit avoir le coeur rempli de cette idée, et baigné de bienveillance jusqu'à ce qu'on ne soit conscient que de cette pensée d'amour, on imagine que l'on estpénétré d'amour bienveillant, saturé d'amour, absorbé dans l'amour.

2) Longue formule de Mettà:

Avant de commencer à employer la formule on envoie des pensées de bienveillance :

1. Un être qui vous est très cher (mais cela ne doit pas être quelqu'un qu'on aime avec passion, ni un mort).

2. Un être pour lequel vous ne sentez que de l'indifférence.

3. Un être qui est hostile ou un ennemi.

Ayant choisi les personnes et accompli les respirations habituelles recommandées, on se remplit de bienveillantes pensées pour soi-même.
Commencer la méditation ainsi, par les quatre personnes :
A. Soi-même:
Se dire :
« Puissé-je être heureux,
Garder mon bonheur,
Et vivre sans inimitié.
Je suis rempli d'une pensée d'amour bienveillant. »

B. L'être cher
« J'envoie des pensées d'amour à... (l'être cher)
Puisse-t-il (ou elle) être heureux,
Garder son bonheur, vivre sans inimitié. »

Continuer à entourer et à baigner cette personne de pensées d'amour bienveillant.

C. L'être indifférent
« J'envoie des pensées de bienveillant amour à. (personne ordinairement indifférente)
Puisse-t-il être heureux,
Garder son bonheur vivre sans inimitié. »

Continuer à entourer et à baigner cette personne de pensées bienveillantes.

D. L'être hostile.
« Telle personne m'a été hostile, inamicale,
Puissé-je me libérer de toute inimitié envers elle.
Je ne lui veux aucun mal.
Puisse-t-il (ou elle) être libre de souffrance et libéré d'inimitié.
Puisse-t-il être heureux et garder son bonheur »

Ignorer les poussées de sentiments hostiles qui surgiront, les écarter en répétant :
« Je ne suis que bienveillance, bienveillance, bienveillance. »
Si les pensées hostiles persistent, penser aux bonnes qualités de cet être, qu'il se fait du mal en
agissant avec hostilité ; penser « compassion », et reprendre Mettâ.

Synthèse:

Il faut maintenant tâcher d'envelopper dans une même et seule pensée d'amour bienveillant : soi même, l'être aimé, l'être indifférent et l'être hostile.
Essayer de les confondre dans une pensée d'amour, dans votre imagination, comme au cinéma faire paraître et disparaître rapidement l'image de l'un pour faire place à l'image de l'autre.
Il faut arriver à ne plus faire de distinction entre soi-même et autrui, car on n'est plus qu'une pensée de bienveillance. Quand les barrières de la personnalité sont abattues, la méditation a atteint son but.

Elargir le champ de la méditation:
Ne pas oublier d'englober tout ce qui vit, pas seulement l'homme, dans une pensée d'amour bienveillant.


3) Mettâ bhâvanâ:

Le développement - ou déploiement - de l'amour universel.
Envoyer une pensée d'amour :
- à l'endroit qu'on habite,
- la maison, la ville,
- le département, les pays entier,
- le continent où il est situé.

Laisser la pensée pleine de bienveillance parcourir ces divisions, en déversant sur elles une pensée d'amour, comme on le ferait sur un être aimé.
La méditation peut être arrêtée ici pour ne pas fatiguer un débutant. Celui qui est plus entraîné doit continuer par la méditation « par quartiers » puis à « l'univers tout entier ».

Par quartiers
Imaginer le monde divisé en quatre quartiers : est, ouest, nord et sud.
Envisager à tour de rôle chaque quartier comme vous étant cher. Déverser une pensée de
bienveillance sur chaque quartier comme sur un être qui vous est cher. Imaginer, si cela facilite votre effort, un être cher parmi les gens de ces quartiers. Imaginer que vous êtes parmi eux.
Se dire :
« Que tous les êtres dans l'Est,
Que tous les êtres dans l'Ouest.,
Que tous les êtres dans le Nord,
Que tous les êtres dans le Sud,
Soient heureux, gardent leur bonheur,
Puissent-ils vivre sans inimitié. »
La pensée, comme un effluve de bienveillance, doit couvrir chaque quartier - et les quatre quartiers intermédiaires (par sections - en croix), le zénith et le nadir.
Elargir toujours le champ de méditation.

L'univers tout entier:
Laisser votre pensée chargée de bienveillance encercler le globe, diffusant partout des pensées
d'amour. Tournant autour du globe, « comme un cheval tourne autour d'un cirque ».
Envelopper l'Univers entier d'une pensée d'amour bienveillant, diriger cette pensée en haut, en bas, à travers, tout autour.
Ne penser que bienveillance.
Faire les respirations courtes et longues (comme au début) et sortir de la méditation en récitant les trois Salutations (Hommage au Bouddha, Dharma, Sangha).
En dehors de la méditation, se rappeler ce que l'on a ressenti et pensé pendant cette méditation. En méditant, on doit obtenir une tranquillité mentale qu'il faut chercher à garder. Recommencer chaque fois qu'une distraction a rompu le cours de la pensée ou troublé le calme. A un moment donné, on sentira un étrange contentement, et de ceci une espèce de joie naîtra, le corps et le mental étant pénétrés de cette joie seront tranquillisés et baignés d'une sensation de de bienêtre.
Cette joie, née du détachement, quand il n'y a plus de désir ni de mauvaise pensée, doit imprégner tout l'être, la pensée deviendra alors étonnamment claire et active. Ce sont les caractéristiques du premier jhâna.

Source : UBE


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Re: Développer "Metta" l'amour inconditionnel envers les êtres

Message  Invité le Lun 4 Mar - 0:37

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Re: Développer "Metta" l'amour inconditionnel envers les êtres

Message  Invité le Dim 19 Juil - 17:48

Je m'intéresse de près à la pratique de metta. Il y a de nombreuses façons de pratiquer metta. De mon point de vue elles ne se valent pas, ou du moins elles me posent sérieusement question.

Certains enseignants qui organisent des retraites de metta enseignent de répéter comme un mantra une phrase telle que "puisse tout les êtres être heureux et en paix" en suivant le même ordre que celui exposé sur l'obe à quelques variantes près. On trouve parfois des étapes plus progressives telle que les suivante:


  1. Pratiquer pour soi (puissé-je être heureux et en paix)
  2. Pratiquer pour son enseignant (puisse mon enseignant être heureux et en paix)
  3. Pratiquer pour un membre de sa famille (puisse mon père être heureux et en paix)
  4. Pratiquer pour un ami (etc.)
  5. Pratiquer pour une personne neutre
  6. Pratiquer pour un ennemi


Il est important de préciser que la méthode de l'ube si je ne l'ai pas lu trop vite est une méthode subsidiaire, c'est à dire que l'on pratique lorsque metta ne constitue pas la pratique principale mais vient juste en complément de la pratique d'anapana ou de vipassana.

Dans l'enseignement du bouddha metta est l'un des quarante kamathanas et peut donc aussi conduire aux quatre premiers jhanas, au même titre que la méditation anapana. La pratique de metta dans la perspective de l'atteinte des jhanas diffère de la pratique de metta en tant que pratique complémentaire de la méditation anapana ou vipassana. Dans le cadre de vipassana metta ne constitue le plus souvent qu'un outil d’appoint pour faire face à d'importantes négativités, dans le but de retrouver l'équanimité (upeka) nécessaire à la pratique. On privilégie donc ce qui marche le plus rapidement dans le but de retrouver l'equilibre de l'esprit et l'on ne perd pas son temps, pardon pour l'expression, à développer metta pour des êtres envers qui metta n’apparaît pas spontanément ou pas facilement en nous.

Lorsque metta est utilisé en tant qu'objet de concentration pour les jhanas on ne suit pas cet ordre en une seule méditation mais on pratique sur soi même ou sur autrui jusqu'à ce que le flot de metta devienne constant et fort et l'esprit concentré dessus comme il le serait sur le souffle. Ce n'est qu'alors que l'on passe au niveau suivant, c'est à dire que si l'on pratique pour soi même ce n'est qu'une fois que l'on est capable de ressentir un flot de metta constant pour soi même que l'on passe ensuite à son enseignant, et ainsi de suite. On peut donc pratiquer des mois sur la même personne. La raison est qu'il est évident que l'on ne peut pas développer une metta sincère et forte pour un ennemi ou une personne distante si l'on est pas capable de ressentir le flot de metta pour soi même ou un proche. Donc à moins d'avoir remplit tout ce processus il n'est pas cohérent ni productif de tout pratiquer en une seule séance. Il est certes possible que le flot de metta se prolonge sur la personne suivante lorsque l'on change, mais en pratiquant de cette façon c'est comme si un joggeur essaie de courir à la vitesse d'un marathonien en procédant par accélération. Comme il ne s’entraîne pas à maintenir une vitesse constante à chaque séance  puis à augmenter progressivement mais qu'il accélère à chaque fois jusqu'à atteindre la vitesse du marathonien il finit essoufflé, ne développe pas sa résistance ni son endurance, et ne parvient jamais à maintenir la vitesse. Ce qui veut dire que l'esprit ne se concentre pas outre mesure.

Certains enseignants sont clairs à ce sujet, metta n'est pas la concentration sur la phrase que l'on répète mais sur le flot d'amour que cette phrase suscite en nous. Metta n'est pas quelque chose à quoi l'on pense mais quelque chose que l'on ressent dans notre corps, dans notre coeur. Sans quoi metta est une illusion. Illusion que l'on identifie aisément dans les discours religieux de tout bords lorsque les actes ne suivent pas les discours. Si donc on ne ressent pas profondément de l'amour pour la personne envers qui l'on développe metta il est vain de passer à la personne dans la catégorie suivante. De même lorsqu'il est bien comprit que c'est le flot de metta le coeur de la pratique et non pas la répétition d'une phrase, il n'est plus nécessaire de répéter cette phrase lorsque l'on ressent le flot de metta, tant que celui ci se prolonge, mais seulement lorsqu'il vient à s'affaiblir. Metta est une pratique du coeur et non pas une pratique mentale, la phrase n'est qu'une amorce. Lorsque le flot de metta est présent il est suffisent de garder la personnes pour qui on pratique présente à l'esprit sans autre verbiage mental, que ce soit par une image ou une pensée abstraite.


J'ai parlé jusqu'ici de la pratique formelle de metta mais il faut aussi prendre en compte un autre aspect de son développement qui est la purification de l'esprit, car il n'y a pas de développement du coeur durable et véritable sans purification de l'esprit. D'ailleurs dans les traduction française de textes bouddhistes on trouve parfois les mots coeur et esprit associés en coeur-esprit car iln'y a pas une telle différence en pali. Le principal obstacle au développement de metta tel qu'exposé ci dessus est évidemment les impuretés mentales. La manifestation de ces impuretés mentale dans l'esprit empêche le flot de metta de se manifester. Et si le flot de metta ne se manifeste pas alors on ne peut pas se concentrer dessus! On peut bien se concentrer sur la répétition mentale mais ce n'est là qu'une coquille vide et sans saveur qui ne se distinguera pas de n'importe quelle autre phrase. Et la répétition d'un mantra ne fait pas partit de l'enseignement du bouddha. Malheureusement beaucoup de méditants attirés par metta se raccrochent à cette coquille vide, ne trouvant pas d'enseignant expérimenté dans cette voies et donc d'instructions digne de ce nom. C'est me concernant l'une des raisons qui m'a pousser à creuser le sujet. Ainsi la purification de l'esprit apparaît comme une condition nécessaire à la manifestation de metta, et metta comme une conséquence naturelle de la pureté de l'esprit. C'est pour cette raison que dans les enseignements bouddhiste upekha est considéré comme supérieur à metta, car seul upekha peut déraciner les impuretés mentales les plus profondes, d'aller au delà du quatrième jhanas.

Le développement de metta passe donc nécessairement à un moment donné par une autre pratique que celle de metta telle qu'on la trouve habituellement décrite et je pense personnellement que c'est pour cette raison que le metta sutta ne contient pas d'instructions pratique.

Upekha et metta font partit des quatre brahmaviharas avec mudita et karuna. Leur relation est particulièrement étroite puisqu'en tant qu'amour inconditionnel metta nécessite la présence d'upeka. Upeka, l'équanimité de l'esprit, consiste à ne pas développer de désir pour les choses agréables et d'aversion pour les choses désagréables. En situation pratique cela veut dire que c'est upeka qui permet de ne pas rejeter son ennemi et donc de développer metta à son encontre. Upeka est donc en quelque sorte le contenant ou le vecteur de metta. De ce fait la pratique de metta à son plus haut niveau sans le développement d'upeka est vouée à l'échec, car si l'esprit n'est pas équilibré il tombera inévitablement dans le désir ou l'aversion envers la personne pour qui ont pratique. C'est pour limiter cette difficulté qu'il est toujours recommander de pratiquer pour une personne de sexe opposé, ainsi l'esprit qui n'est pas encore fortifié à moins de chance de tomber dans le désir et de confondre un amour passionnel avec l'amour inconditionnel. Cette confusion représente l'un des pus grand danger et obstacle dans le développement de metta et il faut y prendre garde.

pause à durée indéterminée Smile

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