La véritable méditation = Rompre avec l'illusion

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La véritable méditation = Rompre avec l'illusion

Message  Dhyân le Sam 1 Sep - 10:31

Extraits du Vol de l'aigle de Krishnamurti. Very Happy

« L'illumination ne peut pas vous être donnée par un autre.
Il ne peut y avoir illumination qu'avec la compréhension de la structure et de la
nature du moi. C'est lui qui est cause de la confusion, de la violence et de
la division qui règne entre les hommes, la racine de toute souffrance. »


Tout système, toute méthode qui prétend enseigner comment méditer
sont évidemment faux. Intellectuellement et logiquement on peut voir
pourquoi ; parce que dès l'instant où vous vous exercez à quelque chose
en vous conformant à une méthode — si noble, si ancienne, si moderne,
si dernier cri qu'elle soit — vous tombez dans le mécanisme, vous vous
répétez sans cesse afin d'aboutir à un certain résultat. Mais dans la
méditation vraie la fin n'est pas autre chose que les moyens.

Si l'esprit doit découvrir ce mystère étrange — si toutefois il existe — il
doit établir comme base un comportement, une moralité qui ne sont pas
ceux de la société, une moralité qui ne connaît aucune espèce de peur et
qui est par conséquent libre. Alors seulement — après qu'a été posée
cette base solide — l'esprit peut avancer et découvrir ce que c'est que la
méditation, cette qualité de silence, d'observation, où l'« observateur »
n'existe pas. Si cette base de comportement vertueux ne joue pas son rôle
dans notre vie, dans notre action, la méditation n'a que peu de sens.
En Orient il y a de nombreuses écoles, de systèmes et de méthodes de
méditation — le Zen, le Yoga — qui se sont répandus en Occident. Il faut voir très clairement ce qu'implique cette notion que l'esprit est capable de découvrir la réalité au moyen
d'une méthode, d'un système, ou en se conformant à certains modèles,
certaines traditions. Il est bien clair que tout ceci est absurde, que cela
vienne de l'Orient ou ait été inventé ici. Toute méthode implique
conformisme et répétition ; elle implique qu'existe un personnage ayant
atteint une certaine illumination et qui dit : faites ceci ou ne faites pas cela. Et nous, dans notre soif d'atteindre cette réalité, nous suivons, nous
nous conformons, nous obéissons, nous nous exerçons à ce que l'on nous
a dit de faire, jour après jour, comme autant de mécaniques. Un esprit
morne dont la sensibilité est émoussée, un esprit dénué de la plus haute
intelligence, peut s'exercer à une méthode éternellement, il sera de plus
en plus obtus, de plus en plus stupide. Il aura sa propre « expérience »,
mais, cela, toujours dans le champ de son conditionnement.


Toute la portée de la méditation consiste en ceci, que l'esprit devienne complètement
silencieux ; non seulement au niveau conscient, mais encore dans les
couches profondes, secrètes, cachées ; dans un calme et un apaisement si
complets, si entiers, que la pensée même soit silencieuse et cesse de
vagabonder. Un des enseignements traditionnels sur la méditation, ce
procédé dont nous parlons, prétend qu'il faut contrôler la pensée ; mais
c'est là un point de vue qu'il faut rejeter totalement et pour cela il faut
regarder les choses de très près, d'une façon objective et sans émotivité
quelconque.


La tradition prétend que vous devez avoir un gourou, un instructeur ; il
vous aidera à méditer, il vous dira quoi faire. L'Occident aussi possède sa
tradition : prière, contemplation, confession. Mais dans tout
enseignement selon lequel il existe quelqu'un d'autre qui sait, alors que
vous ne savez pas et que celui qui sait va vous enseigner, vous dispenser
l'illumination, en cela sont impliqués l'autorité, le maître, le gourou, le
sauveur, le Fils de Dieu et ainsi de suite. Eux savent et vous ne savez pas
; et on vous dit : « Suivez cette méthode, ce système, exercez-vous quotidiennement et en fin de compte vous parviendrez — si vous
avez de la chance. » Ceci veut dire que toute la journée vous êtes en lutte
avec vous-même, vous efforçant de vous conformer à un modèle, à un
système, à supprimer vos propres désirs, vos appétits, votre envie, vos
jalousies, vos ambitions. Et alors, en vous, fait rage ce conflit entre ce
que vous êtes vraiment et ce que vous devriez être selon le système ; d'où
un état d'effort, et l'esprit qui fait un effort ne peut jamais être tranquille,
jamais par l'effort l'esprit ne pourra devenir complètement silencieux.
Puis la tradition dit : Concentrez-vous afin de dominer vos sentiments.
Se concentrer c'est tout simplement résister, élever un mur autour de
soi-même, projeter un processus d'orientation exclusif dirigé vers une
idée, un principe, une image ou tout ce que vous voudrez. La tradition
affirme que vous devez passer par cet état afin de découvrir cette chose
que vous désirez. Elle dit aussi qu'il vous faut rejeter toute vie sexuelle et
ne pas vous tourner vers ce monde, comme l'ont dit tous les saints qui
sont plus ou moins névrosés. Et si vous voyez tout cela clairement — non
pas seulement verbalement ou intellectuellement, mais réellement — ce
qu'impliquent toutes ces pratiques, et vous ne pouvez le voir que si vous
n'êtes pas engagés, si vous êtes capables de regarder les choses
objectivement, alors tout cela vous le niez complètement. Il faut le rejeter
complètement, parce que l'esprit, du fait même de cette dénudation,
devient libre et par conséquent intelligent, éveillé et dégagé des pièges de l'illusion.
Pour méditer, au sens le plus profond de ce mot, il faut être vertueux,
moral ; il ne s'agit pas ici de la moralité d'un modèle, d'un exercice, de
celle qui est issue d'un ordre social, mais d'une moralité qui s'instaure
tout naturellement, inévitablement dans la douceur, quand vous
commencez à vous comprendre vous-même, quand vous pénétrez
profondément en vous-même, quand vous êtes conscient de votre propre
pensée, de vos sentiments, de vos activités, de vos appétits, de vos
ambitions et ainsi de suite — et cela sans aucune inclination personnelle,
vous contentant simplement d'observer. D'une telle observation jaillit
l'action juste, totalement autre que le conformisme ou l'action conforme
à un idéal. Quand un tel état règne profondément en vous-même, dans
sa beauté et son austérité à laquelle toute dureté est complètement
étrangère — car la dureté n'existe que là où il y a effort — quand vous
avez fait le tour de tous ces systèmes, de toutes ces méthodes, de toutes
ces promesses, que vous les avez vus objectivement sans aversion ni
prédilection, vous pouvez dès lors les rejeter complètement, et votre
esprit se trouve allégé, libéré du passé ; et vous pouvez prétendre
découvrir ce que c'est que la méditation.


Faute d'avoir posé la base essentielle vous pouvez vous amuser à
méditer, mais cela n'a pas de sens — vous êtes comme ces gens qui vont
en Orient. Ils vont trouver un maître quelconque qui leur dit comment s'asseoir, comment respirer,
quoi faire, ceci ou cela, puis ils reviennent pour écrire un livre qui n'est
qu'une suite de pauvretés. Il faut être son propre instructeur et son
propre disciple, il n'existe aucune autorité, il n'existe que la
compréhension.
Celle-ci n'est possible que lorsqu'il y a une observation dépourvue de
tout centre, l'observateur. Avez-vous jamais cherché à découvrir,
observer ou suivre ce que c'est que la compréhension ? Elle n'est pas un
processus intellectuel ; elle n'est ni sentiment ni intuition. Quand on dit:
« Je comprends quelque chose très clairement », c'est une observation
qui surgit d'un silence total — alors seulement il y a compréhension.
Quand vous dites : « Je comprends quelque chose », cela signifie que
l'esprit écoute dans le plus grand calme, sans être d'accord ou en
désaccord ; dans un tel état on écoute complètement — alors seulement
se produit une compréhension et celle-ci est action. Il n'y a pas d'abord
compréhension et action ensuite, il n'y a qu'un seul mouvement, unique
et simultané.
Donc la méditation — ce mot si lourdement chargé par la tradition —
consiste à amener sans effort, sans aucune contrainte, l'esprit et le
cerveau à leur plus haute capacité, laquelle est intelligence ; cela consiste
à être intensément et hautement sensitif. Le cerveau est apaisé ; ce
reliquaire du passé, moulé à travers des millions d'années, ce siège d'une
agitation incessante et continue — ce cerveau est apaisé, tranquille.




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Re: La véritable méditation = Rompre avec l'illusion

Message  fluorikar le Sam 1 Sep - 17:41

Magnifique merci !
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