Sylvain Zaffini (re) Penser le temps alchimique dans un référentiel profane

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Message  Invité le Lun 23 Déc 2019 - 22:27

je n'ai pu tout copier ,la suite sur le pdf du site source:
https://www.academia.edu/8144398/_re_Penser_le_temps_alchimique_dans_un_référentiel_profane

extraits:

(re) Penser le temps alchimique dans un référentiel profane
« Ce fut au temps du moys de May,
Qu'on doit fouyr dueil & esmoy,
Que i'entray dedens un vergier
Dont Zephyrus fut iardinier.
Quand devant le iardin passoye,
Mais n'estois pas vestu de soye,
Ains estoye poure & nuds,
Et de draps bien mal pourveus.
1
»
Le temps
est une donnée symbolique par essence. L’appréciation du
glissement du passé vers l’avenir, à une échelle si réduite soit
-elle ne devient
perceptible pour l’Homme que par
des points de repères, plaçant le temps dans le
niveau de l’imperceptible, voire de l’idée, alors que sa réalité n’en est pas moins fondée
et perceptible à postériori. Là encore, un sujet se prêtant si bien à une conception
complètement symbolique n’a pas
été dédaigné par les alchimistes. Le temps
alchimique est une question redoutable et inévitable, à la manière du concept de
matière première des alchimistes. Les traités en font toujours mentions, mais la plupart
du temps de manière totalement obscure. La question principale qui ressort de cette
vaste interrogation est d’ordre complètement mystique et spirituel. On peut se
demander, en effet, si le temps mystique est à rapprocher du temps du rêve. Dans les
rêves le temps est une notion totalement abstraite, un rêve qui semble durer des
heures ne dure en réalité jamais plus de quelques minutes. Alors, le temps mystique,
philosophique pourrait-
il être aussi une totale abstraction, ne devant une réalité qu’à
sa propre réinterprétation, voire à sa propre redirection ?
La question du temps est essentielle car elle permet d’ordonner le processus
alchimique, de lui donner un corps et de mieux le visualiser. Lorsque l’on cherche des
considérations temporelles dans les textes alchimiques, on se rend compte que l
temps est une donnée importante pour les artistes, au point qu’ils en ont fait un chaos
total. Jamais on ne trouvera le déroulement chronologique exact du grand œuvre dans
un traité alchimique, on trouvera éventuellement la durée d’une opérati
on mais sans
aucune précision sur le moment où doit se dérouler cette opération. Le temps
alchimique peut se diviser logiquement en deux temps.
Le premier temps est celui qui permet de localiser le début, la fin et les
principales opérations du grand œuvre. C’est un outil indispensable sans lequel le
travail en laboratoire perd tout son sens. Il semblerait que l’œuvre doive débuter à un
moment précis de l’année, sous peine de ne pas pouvoir aboutir. Cette période pourrait
être le printemps.
« La connaissance de la saison propre à travailler au commencement de
l’œuvre, n’est pas de petite conséquence
; en voicy la raison fondamentale. Comme
le sage entreprend de faire par nostre art une chose, qui est au-dessus des forces
ord
inaires de la nature, comme d’amolir une pierre
, & de faire végéter un germe
métallique, il se trouve indispensablement obligé d’entrer par une profonde méditation
dans le plus secret intérieur de la nature, & de se prévaloir des moyens simples, mais
efficaces qu’elle luy en fournit
; or vous de deves pas ignorer, que la nature dez le
commencement du printemps, pour se renouveler, & mettre toutes les semences, qui
sont au sein de la terre, dans le mouvement qui est propre à la végétation, impregne
tout l’air qui environne la terre, d’un esprit mobile, & fermentif, qui tire son origine du
père de la nature
; c’est proprement un titre subtil, qui fait la fécondité de la terre dont
il est l’ame, & que le Cosmopolite
appelle le Sel-petre des philosophes.
-----------------------------------------------------------------------------
: « [PIROPHILE demande] Je n'ay plus que deux demandes
à vous faire, au sujet des deux conseils que mon Auteur donne aux enfants de la science, touchant
la manière de procéder, & la fin qu'ils doivent se proposer dans la recherche de la médecine
universelle. Il leur conseille en premier lieu, d'aiguiser la pointe de leur esprit; de lire les écrits des
Sages avec prudence; de travailler avec exactitude; d'agir s
ans précipitation dans un œuvre si
précieux: parce, dit-il, qu'il a son temps ordonné par la nature; de même que les fruits qui sont sur
les arbres, & les grappes de raisins que la vigne porte. Je conçois fort bien l'utilité de ces conseils
mais je vous prie de vouloir m'expliquer comment se doit entendre cette limitation du temps.
[EUDOXE réponds] Votre Auteur vous l'explique suffisamment par la comparaison des fruits, que la
nature produit dans le temps ordonné; cette comparaison est juste: la pierre est un champ que le
Sage cultive, dans lequel l'art, & la nature ont mis la semence, qui doit produire son fruit. Et comme
les quatre saisons de l'année sont nécessaires à la parfaite production des fruits, la pierre de même
a ses saisons déterminées. Son hiver, pendant lequel le froid, & l'humide dominent dans cette terre
préparée, & ensemencée; son printemps, auquel la semence Philosophique étant échauffée, donne
des marques de végétation & d'accroissement; son été pendant lequel son fruit mûrit, & devient
propre à la multiplication; son automne, auquel ce fruit parfaitement mûr console le Sage,..[…. ]

Limojon de Saint-Didier paraît on ne peut plus clair, cependant, il ne faudrait
peut-
être pas placer sur ces dires, le début du grand œuvre au printemps
. En effet, il
affirme que l’artiste doit entrer dans une profonde méditation pour commencer l’œuvre,
il y a donc un travail préparatoire au niveau spirituel, qui doit s’effectuer avant le
printemps ou du moins à son extrême début. Aussi, il ne faut pas oublier qu’avant de
commencer les travaux sur la matière philosophique, l’artiste a dû trouver la matière
première et la préparer. Ainsi l’extrême début du travail alchimique pourrait
commencer vers l’hiver. Alors comment expliquer une telle différence
? Dom Pernety
nous donne une explication relativement satisfaisante, dans la mesure où elle explique
cette différence, mais sans en dire davantage sur le problème principal, le moment du
début de l’œuvre.
« Les Philosophes ont leurs quatre saisons, comme les quatre de l'année
vulgaire; mais elles sont bien différentes. Ils entendent par
saisons
les divers états
successifs où se trouve la matiere de l'Art pendant le cours des opérations, & ces
saisons se renouvellent chaque année Philosophique, c'est-à-dire chaque fois que l'on
réitère l'opération pour parvenir à la perfection de l'œuvre. Leur hiver
est le temps de
la dissolution & de la putréfaction : le printemps succède et dure depuis que la couleur
noire commence à s'évanouir, jusqu'à ce que la couleur blanche soit parfaite : cette
blancheur et la safranée qui suit, forment leur été; la couleur rouge qui vient après, est
leur automne. C'est pourquoi ils disent que l'hiver est la première saison de l'année, &
qu'il faut commencer l'œuvre en hiver. Ceux qui recommandent de commencer au
printemps, n'ont en vue que la matiere avec laquelle il
faut faire l'œuvre, & non le
bonheur de le cueillir. Pour ne vous rien laisser à désirer sur ce sujet, je dois vous faire remarquer
ici trois choses. La première, que le Sage doit imiter la nature dans la pratique de l'œuvre; & comme
cette savante ouvrière ne peut rien produire de parfait, si on en violente le mouvement, de même
l'artiste doit laisser agir intérieurement les principes de sa matière, en lui administrant
extérieurement une chaleur proportionnée à son exigence. La seconde, que la connaissance des
quatre saisons de l'œuvre doit être la règle, que le Sage doit suivre dans les différents régimes du
feu, en le proportionnant à chacune, selon que la nature le démontre, laquelle a besoin de moins de
chaleur pour faire fleurir les arbres, & former les fruits, que pour les faire parfaitement murir. La
troisième, que bien que l'œuvre ait ses quatre saisons, ainsi que la nature, il ne s'ensuit pas, que les
saisons de l'art et de la nature doivent précisément répondre, les unes aux autres, l'été de l'œuvre
pouvant arriver sans inconvénient dans l'automne de la nature, & son automne, dans l'hiver. C'est
assez que le régime du feu soit proportionné à la saison de l'œuvre; c'est en cela seul, que consiste
le grand secret du Régime, pour lequel je ne puis vous donner de règle plus certaine. << FIN DES EXTRAITS





























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