Le monothéisme commence avec un dieu qui hait les arbres.

Aller en bas

Le monothéisme commence avec un dieu qui hait les arbres.

Message  Invité le Sam 13 Aoû - 6:29



Traduction par Dominique Guillet d'un essai de John Lash "Tree Nymphs and Tree-Hung Shamans. 1. The Myth of Adonis".

Chapitre 17


Le monothéisme commence avec un dieu qui hait les arbres.

“Vous détruirez tous les lieux où, dans les nations que vous posséderez, servent leurs dieux, sur les hautes montagnes, sur les collines, et sous tout arbre vert. Vous renverserez leurs autels, vous briserez leurs statues, vous brûlerez au feu leurs idoles, vous abattrez les images taillées de leurs dieux, et vous ferez disparaître leurs noms de ces lieux-là.” (Deutéronome, 12:2-3).

Le Démiurge de l'Ancien Testament est jaloux et il exige que nul autre dieu ne soit honoré en sa présence. Cette requête implique, logiquement, qu'il existe d'autres dieux, des divinités concurrentes. Ce sont les divinités Païennes qui animent toute la nature et qui se manifestent dans toutes sortes de créatures, dans les nuages et dans les rivières, dans les arbres et même dans les roches. Le monothéisme ne peut tolérer aucune de ces forces immanentes du monde sensible. Il dépouille la Terre de toutes ses divinités et il assujettit ses habitants à un souverain extraterrestre.

N'est-il pas étrange que la divinité biblique, qui revendique d'avoir créé le monde naturel, interdise à l'humanité d'honorer son oeuvre? Ce qui serait considéré comme relativement pervers, d'un point de vue humain, de la part d'un artiste d'exiger que l'on adore exclusivement sa propre personne, au lieu de son oeuvre, passe pour parfaitement normal avec ce dieu arrogant. Le tempérament capricieux et colérique de Yahvé trahit une insécurité profonde car, s'il faut en croire le mythe Gnostique, ce dieu est un fumiste, un imposteur violent et dément. Un érudit du Gnosticisme le décrit comme une brute renfrognée et maussade, encline à des accès de rage, qui “régente un gang de sbires angéliques, de gouverneurs (archontes)... et qui impose sa règle en tous lieux à la manière classique d'un tyran pathétique”. Le Démiurge, et sa légion de drones planétaires, constituent une parodie des Écritures Juives mais cela n'est pas tout. A l'image de la métaphore de la Prison de Fer Noir évoquée par Philip K. Dick, les Archontes représentent la prise au piège métaphorique de l'esprit humain par ses illusions auto-créées.

“Le message d'un Dieu extraterrestre et d'une terre sujette au mal” fut attribué à tort aux Gnostiques par les idéologues Chrétiens qui adoptèrent le dieu Juif et qui imposèrent le culte du monothéisme. Il était hautement absurde d'accuser les Païens de haïr la chair, et de rejeter le monde sensoriel, mais l'accusation remplit parfaitement son rôle de distraire l'attention de l'attitude de haine envers la vie prônée par les accusateurs mêmes. Pour que cette ruse puisse perdurer, la divinité de la Terre, au coeur de la vision Gnostique du monde, devait être totalement reniée. Mais cela ne fut pas aussi facile d'éliminer la Déesse. Dans l'Ancien Testament, toutes les traces d'adoration pour la création de Jéhovah font référence, directement ou indirectement, à la Sagesse, à la Divine Sophia, qui est la nature déifiée. Cela inclut ce que l'on appelle la littérature sapientielle, ainsi nommé après la Déesse: sapientia est le mot Latin pour sagesse. Sapientia est également le trait distinctif d'Homo sapiens sapiens. Les Gnostiques enseignèrent que la sapience humaine, la sagesse unique à notre espèce, est corrompue par l'obéissance à un dieu imposteur, l'esprit de contre-façon, l'antimimon pneuma. La religion du dieu paternel extraterrestre brise la relation empathique de l'humanité avec la Terre, l'incarnation de Sophia, et c'est cette même religion qui a donné, à l'humanité du monde Occidental, son identité spirituelle et historique.



Asherah et Menorah
Le commandement de Dieu dans le Deutéronome était difficile à observer et lorsqu'il fut observé, il eut de terribles conséquences. Tout d'abord, il aliéna les anciens Juifs de leur voisins de Canaan, des adorateurs de la nature, et, qui plus est, de la communion avec le monde naturel. Evoquant la théologie anti-nature que le Christianisme hérita du Judaïsme, Paul Shepard observa que “l'assertion évangélique du nouveau Verbe ne fut pas destinée à adapter l'homme au monde mais à en garantir son aliénation... Alors que les mythes traditionnels avaient fait partie intégrante des grandes cybernétiques 'homme-nature-culture-divin', le nouveau mythe célébra le mystère de la finalité de Dieu et la discontinuité des événements.” Dès ses origines, le “nouveau mythe”, qui devait être manifesté historiquement, oeuvra à l'encontre de la relation de l'humanité avec la planète vivante et récusa la participation humaine dans la continuité cyclique de la nature. “Le mystère de la finalité de Dieu” exigeait la désacralisation des sites sacrés des peuples qui aimaient la nature, des arbres et des objets sacrés dans tout espace de verdure. Le déni de la beauté sensuelle du monde naturel, et de la puissance numineuse qui émane de la Déesse pour s'épancher dans le coeur humain, fut le commencement de la peur de Dieu. Le besoin de détruire tout ce qui émerge du sens Païen de la vie est du à “un instinct de peur qui a prévalu dans le Christianisme, de façon réellement criminelle, depuis le premier siècle jusqu'à nos jours” ainsi que l'observa D. H. Lawrence.

Les autels, les piliers et les idoles, condamnés par Yahvé, étaient placés dans les bosquets d'arbres. Le nom de la déesse Cananéenne Asteroth signifie “arbre sacré” mais cette traduction est redondante dans la mesure où tous les arbres étaient sacrés pour les peuples antiques de l'Europe et du Proche Orient. Les arbres étaient révérés comme divins avant que des images sculptées d'arbres fussent érigées pour être vénérées. Ce changement ne fut peut-être pas dû à une distanciation psychique, comme il pourrait être supposé, mais à une sensitivité environnementale dans la région de la Saharasie dans laquelle les forêts verdoyantes et les riches pâturages furent perdus à la suite d'un changement climatique catastrophique après 4000 avant EC. La condamnation de Yahvé fut-elle symptomatique d'une psychologie inversée? La disparition, en l'espace de quelques générations, de champs fertiles et de forêts somptueuses généra-t-elle un sens d'impuissance qui se traduisit par un désir vengeur de domination de la nature? “Je ne peux pas être le témoin impuissant de la destruction, par la nature, des bois et des prairies et je vais donc revendiquer mon propre pouvoir de détruire, agissant à la place de la nature”. Cela pourrait une explication plausible pour la “blessure primitive” qui mena à la fixation violente anti-nature de la religion patriarcale.

On retrouve plus de quarante fois le mot Hébraïque asherah dans les cinq premiers livres de la Bible, parfois pour indiquer “la présence cultique puissante de la divinité féminine appelée Asherah”, parfois pour indiquer les idoles en bois sculpté utilisées pour la représenter. Asteroth-Asherah-Astarte était originaire de la Palestine et du Proche-Orient mais elle appartenait à un vaste panthéon de divinités d'arbres que l'on trouve sur toute la planète: les tendres hamadryades de la mythologie Grecque, telle que Daphné le laurier; l'Isis Egyptienne qui est souvent représentée comme un tronc d'arbre bourgeonnant d'une abondance de rameaux feuillés; et les apsaras sensuelles aux yeux de biche de la mythologie Hindoue, dont la Reine Maya, la mère du Bouddha. Les asherah étaient maudites par Yahvé non pas parce qu'elles étaient sa bête noire mais en raison d'une haine pathologique visant les tréfonds de l'imagination humaine, là où la psyché est enracinée dans la nature. Lorsque les cultes de la Déesse furent supprimés, lorsque ses idoles furent mises à bas, lorsque ses bosquets feuillés furent dévastés, les Juifs inventèrent la menorah pour remplacer ce qu'ils avaient détruit. Le chandelier aux sept branches est une abstraction schématique émanant de la nature, une imitation spectrale d'une asherah, un arbre-sacré.

En termes Gnostiques, la duplication de la nature par le biais de formes sans vie est une caractéristique de HAL, la simulation Archontique. Dans la transition de la forme organique vers l'abstraction, toute une panoplie de valeurs est perdue alors que d'autres valeurs opposées à la vie organique sont adoptées comme si elles étaient identiques, ou même supérieures, aux valeurs perdues. C'est l'antimimon, la contre-imitation. La transition de l'asherah vers la menorah révèle comment le Mensonge s'insinue au plus profond de la psyché humaine. Jeffrey Burton Russell explique succinctement la notion Zoroastrienne du Mensonge, drugh:

“Le premier couple humain jouit de liberté et originellement, ils choisissent d'aimer et de servir Ohrmazd (Ahura Mazda, le Dieu Absolu). Mais Ahriman (le Mal Absolu) les induit en péché en utilisant à leur encontre l'essence même du péché: le Mensonge. Le mensonge est qu'Ahriman, et non pas Ohrmazd, a créé le monde et Mashye et Mashyana (les parents primordiaux) le croient”.

Pour les anciens Hébreux qui adoptèrent ce scénario, tout en le modifiant étrangement, le mensonge que Yahvé leur proféra est que lui, et non pas Sophia, avait créé le monde. Et ils le crurent. Mais la situation se compliqua parce que la mentalité Juive n'embrassa pas un tel concept du mal. En identifiant le bon dieu Ahura Mazda avec leur divinité tribale Yahvé, ils furent leurrés à identifier son oeuvre avec le mal. Cette polarité ne fonctionna jamais réellement dans la religion Juive. Elle était remise constamment en question par la psyché raciale mais elle était imposée par un petit nombre de radicaux écophobiques, tels que les scribes Yahvéistes qui édifièrent le programme apocalyptique des Zaddikim. Ayant suppuré dans la psyché Juive durant de nombreux siècles, la haine de la nature, parce que la nature est l'oeuvre du diable, refit surface, dans le Christianisme du Moyen Age, avec une terrible férocité. Cette tromperie dualiste était profondément insidieuse parce que le dieu tribal Juif ressemblait à Ahriman plus qu'à Ahura Mazda: les Juifs crurent qu'ils étaient un peuple juste élu par leur dieu pour s'opposer à un monde du mal alors qu'en réalité, ils étaient tourmentés par un complexe de dieu fondé sur un mensonge quant à la création du monde. Ce fut le cadre théologique parfait pour la schizophrénie. Et cela l'est encore.
Depuis ses origines, la religion Juive témoigna d'une inclination marquée pour la substitution Archontique et le processus de cooptation qui va de pair avec elle, comme nous le voyons dans la menorah. Lorsque le germe de la démence religieuse des Zaddikim se propagea comme une épidémie avec le Christianisme, les convertis à la nouvelle foi cooptèrent les images et les idées Païennes dans un esprit furieusement totalitaire de vertu, légitimé astucieusement par des idéologies tels que celles de Saint Augustin:

“Lorsque les temples, les idoles, les bois sacrés, etc... sont détruits avec la permission des autorités, bien que notre participation dans ce travail soit une preuve claire que nous n’adorons pas mais plutôt que nous abhorrons ces choses, nous devons, cependant, nous abstenir de nous les approprier pour notre profit personnel et privé; afin qu’il soit manifeste que cela n’est pas l’avarice qui nous pousse à les détruire mais la piété. Lorsque, néanmoins, les décombres de ces endroits sont récupérés au profit de la communauté, et consacrés au service de Dieu, ils sont considérées de la même façon que les hommes qui sont convertis de l’impiété et du sacrilège à la vraie religion.”

Le commandement de Yahvé dans le Deutéronome impulsa la politique de l’Église, et il en est de même encore aujourd'hui, bien que ce processus soit déguisé. Il a souvent été observé que le Christianisme est riche en imagerie graphique d'un type qui est interdit dans le Judaïsme. C'est parce que le rédemptionnisme, en Europe et dans les colonies Européennes, mit en esclavage l'imagination native, coopta la créativité indigène et obligea la population à fabriquer un décor religieux. Cependant, les peuples convertis résistèrent et conservèrent leur vie imaginative, en utilisant souvent l'art Chrétien pour déguiser leur vision indigène et leurs mémoires tribales. L'Islam fut une mutation plus tardive du virus idéologique des Zaddikim, mais sous une forme plus virulente qui attaque les facultés indigènes encore plus fortement, exactement de la manière dont les virus mutent pour vaincre les résistances immunitaires. Ainsi donc, la religion Islamique réinstitua le tabou à l'encontre de l'imagerie visuelle et força un retour à l'abstraction des formes naturelles, la marque principale de la mentalité Archontique.

La théorie Gnostique de l'erreur retrace précisément la transition de l'erreur vers le mal, et elle ne les confond pas. Drugh le “Mensonge” est une forme avancée d'erreur qui se transforme aisément en mal. La tromperie est une forme de mal même lorsque ceux qui la pratiquent le font dans l'erreur et l'aveuglement, sous l'influence de l'ignorance pure. Lorsqu'elle ridiculisa le Démiurge, Sophia l'appela Samaël, “l'Aveugle”. Dans la religion Zoroastrienne, drugh est opposé au principe de justice et de vérité, asha (et c'est d'ailleurs la racine du terme asherah. Le mot Anglais “truth” dérive de la racine archaïque dreu “arbre”, corrélé au terme Grec “dryade”, “nymphe des arbres” et au mot Celte “druide” pour le prêtre-shaman. La Vérité est une affaire d'arbres). Dès que les prêtres Hébreux adoptèrent le dualisme de source divisée durant la Captivité Babylonienne, ils formulèrent une version-maison du Zoroastrisme, mais une version à la tournure bizarre, comme nous l'avons déjà souligné. La contre-imitation est l'élément le plus crucial de la déviance bizarre qui se développa dans la religion Juive, et qui établit par là-même la fixation sur le dieu mâle.



Une Moralité de Modélisation
Le dieu paternel qui dicte les lois du vivant n'est pas un concept théologique. C'est plutôt une fixation mentale qui se manifeste automatiquement lorsque la réalité organique est cooptée sous forme de répliques sans vie ou, pour exprimer la même chose en d'autres mots, lorsqu'un concept enraciné dans l'expérience sensorielle est remplacé par une forme dénaturée de penser conçue pour exister dans un environnement abstrait ou trans-physique, extra-terrestre, plutôt que dans le monde naturel. Afin que la déesse Asteroth fût anéantie, il fallait que les arbres vivants fussent détruits et que ses rituels sacrés réalisés “dans tous les espaces verts” fussent prohibés. La forme organique de l'arbre fut ensuite dupliquée dans la menorah mais la menorah ne représente pas l'arbre. La transition de la forme organique vers la duplication introduit une valeur contraire à la réalité vivante qui a été ainsi déplacée. Barbara Walker souligne que la menorah, qui est souvent “décorée avec des symboles yoniques” rappelle l'arbre sacré aux sept branches qui se déploie vers le ciel nocturne et qui correspond aux Sept Soeurs, une constellation mentionnée dans la Bible (les Pléiades). Tout cela est loin de ce qui est symbolisé dans la liturgie Juive: la puissance de la divinité mâle monothéiste qui crée le monde en sept jours et qui se repose de son labeur. Sept, chez les Gnostiques, représentait le nombre des Archontes. L'Hebdomade était le domaine de Yaldabaoth, le dieu dément qui prétend, à tort, avoir créé le monde naturel. La menorah duplique un arbre mais remplace les valeurs de la nature et de la Divine Sophia, qui est la nature incarnée, par un autre système de valeurs anti-nature. C'est comme de modéliser mentalement la nature et d'imaginer ensuite que c'est le modèle dépourvu de vie, présent dans le mental, qui génère lui-même cette nature.


L'émergence du monothéisme Juif fut un événement immensément puissant dans l'expérience humaine mais non pas parce que le monothéisme était l'essence du vrai ou du bon ou du juste pour l'humanité. L'obsession avec le dieu mâle révèle la préférence pour la simulation, au lieu de la réalité, qui constitue le risque inné fondamental de déviation pour l'espèce humaine ainsi qu'en avertirent les Gnostiques. Nous courrons ce risque en raison de nos facultés exceptionnelles pour l'abstraction et la modélisation. Si elle n'est pas détectée et circonscrite, la préférence pour la duplication prendra la primauté dans l'activité cérébrale humaine, acquérant ainsi une vie propre. C'est cette préférence qui produit et qui confère le pouvoir au dieu créateur mâle dans l'imagination humaine. Yahvé-Yaldabaoth est le concept de dieu qui est le plus conforme à nos inclinations vers la simulation mentale. Nous sommes créés “en Son image” parce que nous percevons, dans la mono-déité, un reflet de nous-mêmes à l'apogée de nos puissances duplicatrices.

La duplication est réductrice à un degré infini parce que la modélisation abstraite tend automatiquement à générer des modèles de modèles de modèles, induisant ainsi l'illusion que tout ce qui existe peut se résumer à un modèle de base unique, une idée-idole suprême et exhaustive: le monothéisme. Dans le Mythos de Sophia, le système planétaire des Archontes est un “modèle d'échelle” de structures fractales dans le Plérome alors que la mécanique céleste n'est ni vivante, ni sensible et ni consciente tout au contraire du Plérome et de la Terre. Le pouvoir des formes inorganiques ne peut pas, nonobstant, être dénié. Tout ce qui est inorganique possède une force duplicatrice ou mimétique structurale immense, tel qu'on peut le voir dans la formation de cristaux tels que le quartz et l'os. L'architecture de la forme inorganique peut s'avérer magnifique mais elle ne génère pas d'expérience animée et sensible. De même, la contre-imitation, qui remplace la forme vivante par une abstraction, ne permet pas l'émergence de l'expérience vivante et consciente de soi mais elle entraîne l'humanité vers des comportements aveugles et zombies.

Yahvé est le dieu arrogant qui modélise la réalité (les Archontes imitant le Plérome) et qui impose un modèle artificiel de réalité à la place de l'épanouissement organique de la vie. La stratégie Archontique est de dupliquer et de dissimuler, afin que les répliques véhiculent des valeurs contraires à ce qu'elles ont copié. La menorah à l'image d'un arbre commémore un dieu qui hait les arbres. Le dieu mâle monothéiste est extrêmement implacable avec cette stratégie. Dans la narration de l'Ancien Testament, Yahvé ne se contente d'impulser les facultés imaginatives de son peuple vers l'abstraction - “Tu ne te feras point d’image taillée” - et il va encore plus loin, beaucoup plus loin. Il énonce la même exigence vis à vis de cette autre faculté qui est si cruciale pour la moralité et le choix: notre faculté de créer et raconter des histoires. Il exige que l'histoire soit un unique scénario dont Lui, qui se tient au-delà du monde, soit le seul auteur et exécutant. Plutôt qu'une histoire ouverte à l'apprentissage et à la découverte, enrichie par une co-évolution permanente avec l'environnement naturel, dans lequel l'expérience humaine se reflète, la divinité mâle impose un drame totalitaire dont le dénouement dépend d'une intervention surnaturelle. La duplication Archontique (en Copte HAL “simulation”) n'est pas une simple imitation mais un processus qui introduit des valeurs contraires à la vie. La contre-imitation du génie de création d'histoires, propre à l'humanité, donne au patriarcat son avantage suprême par rapport à l'évolution authentique et spontanée de notre espèce.

En quoi la narration sacrée Juive, dans l'Ancien Testament, diffère-t-elle des autres narrations tribales indigènes? Elle en diffère dramatiquement sous deux aspects. Tout d'abord, le schéma d'abus historique mis en place dans l'Ancien Testament est élevé au rang de “Plan Divin”, mais pas dans le même sens, disons, où les querelles parmi les dieux dans le mythe Grec seraient reflétées dans les conflits humains. Le mythe Païen possède toujours une valeur psychologique, et souvent une valeur ambivalente, qui pointe vers le conflit des instincts au sein de la nature humaine; cependant, la résolution du conflit est toujours à la portée de la capacité humaine. Dans le script directeur des anciens Hébreux, le courroux de Dieu et la peur du Seigneur placent le drame sur un autre niveau ne donnant la possibilité que d'une intervention extra-humaine et extra-terrestre. Ultimement, la violence historique est ancrée dans l'abus familial. Yahvé est la réification d'un complexe de père qui n'est, en aucun cas, unique à la culture Juive qui l'a engendré. Le père tyrannique et tourmenteur, qui est également celui qui juge et récompense, est l'agent primordial du patriarcat dans toutes les cultures. Le pouvoir du dieu paternel dans la psyché humaine est directement proportionnel au pouvoir de la figure paternelle dans une cellule familiale. La narration sacrée Juive est unique dans la mesure où elle fait du dysfonctionnement de la famille humaine la condition pour l'accomplissement le plus élevé du potentiel humain.

Il existe une seconde différence entre l'histoire sacrée Juive et les narrations Indigènes: le script directeur biblique concerne la distanciation de la nature et l'aliénation de notre humanité générique. Il est contraire à la forme universelle de la narration Indigène qui relate comment “le peuple” émerge de la nature, tout en y restant enraciné, un reflet de son environnement dans lequel il apprend à vivre en observant les lois organiques et en interagissant avec les autres espèces. Les lois de la vie, chez les anciens Hébreux, provinrent de l'extérieur du monde naturel, sous forme d'une moralité de modélisation dictée par une divinité supra-terrestre et distante. Tel est le caractère Archontique du code éthique Juif, reconnu largement comme le paradigme de l'ensemble de l'humanité. Le code est emballé avec une histoire qui est elle-même le produit d'une contre-imitation perverse: le script de la rédemption est à l'histoire de la co-évolution de l'humanité avec la nature (une narration Indigène authentique) ce que la menorah est à l'asherah.



Trahison de l'Humanité
La leçon la plus sévère de l'histoire est sans doute que la narration biblique de la rédemption ne conduit pas vers l'accomplissement le plus élevé du potentiel humain, mais à sa trahison. On pourrait dire qu'avec le patriarcat, l'humanité a été trahie par la figure paternelle. Mais le déni entourant cet acte de trahison est si profond qu'une solution phantasmatique dut être inventée pour éviter d'y faire face. (Rappelons-nous que Erich Fromm et D. H. Lawrence, tous deux, observèrent la tendance dans la religion Judéo-Chrétienne de concocter une solution phantasmatique pour pallier à l'échec de vivre à la hauteur des attentes inhumaines de Dieu). Dans un retournement pathologique, qui incombe à de nombreuses générations, l'expérience d'être trahi se rejoue dans l'acte d'auto-trahison. Le grand scénario de l'expérience religieuse en Occident présente l'auto-trahison de l'humanité, chapitre après chapitre, déguisé comme un processus d'expiation pour gagner l'amour d'un dieu paternel absent.

Le script directeur du monothéisme Judéo-Chrétien-Islamiste pousse à notre auto-trahison parce qu'il duplique la narration Indigène, l'histoire de co-évolution que nous pourrions réellement développer et vivre, et qu'il introduit insidieusement des valeurs anti-humaines et anti-naturelles à sa place. Le monothéisme Hébreux est souvent associé avec l'idéalisme éthique comme si la moralité de modélisation dictée par le dieu paternel garantissait le meilleur comportement possible sur Terre. Mais si la moralité est innée à l'espèce humaine, elle ne peut pas être commanditée de l'extérieur, ni imposée au travers de règles et de formulations venant de tout là-haut. D'un point de vue historique, le peuple Hébreux a été mis au carcan d'une mission bizarre contre lequel il a résisté de toutes ses forces. Si le bon vouloir du dieu paternel est respecté, il deviendra alors l'exemple suprême de la conscience, la minorité juste qui montrera comment vivre à la majorité. Israël sera dans la gloire devant toutes les nations. Cette prétention à la supériorité morale humaine est profondément enracinée et quasiment impossible à réfuter. Les Zaddikim l'ont porté à ses extrêmes les plus démentes. Le monde entier, et plus particulièrement le peuple Juif lui-même, a souffert atrocement de cette extravagance démente depuis deux mille ans.

Il n'est pas aisé d'appréhender les dynamiques de la contre-imitation mais il nous faut exposer le fonctionnement du processus si nous voulons le désamorcer. Même un historien culturel et un mythologiste aussi pertinent que William Irwin Thompson ne peut pas voir au-delà du stratagème Archontique du script de rédemption. Dans Transforming History, ouvrage dans lequel il décline un programme de scolarisation à la maison pour le futur, Thompson appelle l'Ancien Testament “un document clé dans l'évolution culturelle de la conscience” et affirme que “l'histoire est le medium au travers duquel le mental chemine vers sa destinée avec dieu”. L'affirmation, selon laquelle l'histoire biblique présente un modèle d'éducation morale pour l'humanité, a profondément modelé le cours de l'expérience humaine, est on ne peut plus correcte; mais l'a-t-elle fait pour le plus grand bien de l'humanité et de la planète? Si la moralité est quelque chose d'autre qu'une modélisation de comportement par des règles pré-déterminées, alors cette affirmation est erronée, dangereusement erronée. Les anciens Juifs n'ont pas découvert la conscience, la faculté de choisir ce qui est juste, ils introduisirent seulement un jeu de règles prétendant dicter ce qui est juste.

En évoquant les bioéthiques de l'écologie profonde, Arne Naess écrivit: “De même que nous n'avons pas besoin d'étique pour respirer, nous n'avons pas besoin d'exhortation morale pour faire preuve d'attention”. Lorsqu'elle est enracinée dans la nature, l'humanité n'a pas besoin de règles comportementales pré-établies à suivre mais lorsque nous sommes déracinés de la nature, nous sommes obligés à dupliquer de dont nous manquons. C'est là que le facteur Archontique subvertit le potentiel humain et que “le mental s'achemine vers sa destinée avec dieu”. Dévoiler et vaincre la duplication par la cooptation est sans doute le défi spirituel qui décidera de la destinée de l'humanité. C'est un dur challenge mais regardez bien l'alternative. Derrière la rhétorique, vieille comme Hérode, de “la destinée messianique qui veille à la fin de l'histoire” (Thompson de nouveau) se tapit la réalité du monde tel qu'il est aujourd'hui:

“La terreur de l'histoire repose dans la grande destruction qu'elle a forgée sur notre planète, et sur nos peuples, et dans la perversion de nos sensibilités religieuses naturelles vis à vis du lieu et de la source de Vie. Il nous reste la morne mentalité de l'être acquéreur, compétitif et contractuel dont l'essence est déterminée par le dénouement des situations. La pensée est consumée dans l'attente effrayée d'événements à venir, d'ennui quotidien et de rappel sentimental du passé. En tant qu'êtres historiques, nous avons été condamnés par notre histoire et, face à cela, nous sommes complètement impuissants”
Il n'est pas aisé de percevoir les leçons fondamentales de l'histoire parce que ce sont des leçons concernant l'histoire en elle-même plutôt que des leçons que nous pourrions en tirer. Pénétrer “la dynamique du pseudo-mythe, l'histoire”, telle que Paul Shepard l'a qualifiée, requiert bien évidemment beaucoup d'analyse textuelle approfondie. Mais plus crucialement, cela requiert une exploration profonde et détachée de la psyché humaine afin de percevoir comment la narration de la rédemption reflète les fonctionnements occultes de nos impulsions les plus narcissiques et les plus auto-destructrices.

Une des leçons les plus dégrisantes de ce processus est d'appréhender que l'histoire ne peut pas nous enseigner comment être humains; par contre, elle peut nous conditionner à accepter et à vivre l'inhumanité et c'est exactement ce qu'elle fait. Cette leçon est au coeur de la protestation Gnostique contre la narration rédemptrice Judéo-Chrétienne, le script directeur de la civilisation Occidentale. Les Gnostiques Levantins tentèrent de mettre en garde les humains, de leur époque et de leur environnement, quant au risque que l'humanité abandonne son héritage divin, renonce à son potentiel pour la co-évolution et trahisse son identité authentique, l'Anthropos. En bref, ils virent clair au plus profond des sources psychologiques de la culture de domination du patriarcat. “Les Gnostiques prirent conscience que la source réelle de la constriction des structures patriarcales reposaient dans le Démiurge”, ainsi que l'écrivit un érudit éclairé.



Le dieu qui hait les arbres est le père fondateur du patriarcat.

Complices du Mal
Depuis ses origines, le patriarcat a misé sur la narration de la rédemption pour fonder son programme de génocide, d'écocide, de répression sexuelle, d'abus d'enfants, de domination sociale et de contrôle spirituel. Ce script fonctionne merveilleusement pour le programme de domination parce qu'il a été expressément écrit pour lui. Comment une histoire d'amour, de pardon et de bienveillance divine peut-elle cautionner la perpétration du mal? Cela semble impossible et contraire à la raison jusqu'à ce que nous réalisions que l'histoire n'est pas ce qu'elle semble être. La narration de la rédemption de la Bible est une histoire de perpétration, conçue pour fonder et légitimer le programme de domination. Dans le Nouveau Testament, l'intention réelle de la narration est déguisée sous des adages banaux sur l'amour, la grace, le pardon, la charité et autres nobles principes.

Les grands idéaux religieux de l'humanité, exprimés dans la narration de la rédemption, ne sont pas les remèdes à la violence pathologique qui nous engouffre, ils en sont les complices. La pathologie tire son origine de ces idéaux. Ils la nourrissent et la légitiment. Ils l'encouragent et l'excusent. C'est sans doute la leçon la plus sévère et la plus amère que l'histoire puisse nous enseigner.

Ceux qui défendent leur foi argumentent communément que les crimes contre l'humanité, commis au nom de Yahvé ou de Dieu ou d'Allah, sont les actes “d'extrémistes” qui ne représentent pas les principes authentiques de l'amour, de la paix et de la tolérance enchâssés dans les croyances religieuses qu'ils invoquent. Quant aux extrémistes, ils soutiennent qu'ils sont les croyants authentiques, désireux d'agir en tout altruisme selon des principes divinement dictés. Où est la vérité dans tout cela? Les perpétrateurs qui invoquent une caution divine pour leurs actes sont-ils les représentants authentiques de leur foi, comme ils le prétendent, ou sont-ils des aberrations violentes hors norme, pour lesquelles les membres, non auteurs de perpétration, voudraient les faire passer?

L'histoire démontre que les idéaux religieux attachés à la narration de la rédemption ont été constamment utilisés pour légitimer la violence, le viol, le génocide et la destruction du monde naturel. Aujourd'hui, alors que j'écris ces lignes, la Terre est la proie d'une crise écologique due à une théologie anti-naturelle et elle est consumée par une violence et un terrorisme enracinés dans des causes religieuses. En Irak, ceux qui se suicident à la bombe massacrent leurs propres concitoyens quotidiennement, soit parce que ces derniers collaborent avec les forces d'occupation, soit parce qu'ils situent du mauvais côté d'une dispute médiévale concernant la succession de Mahomet. Le commandant en chef des forces d'occupation a admis ouvertement que le dieu paternel Chrétien guide ses décisions politiques, attribuant ainsi au plan de Dieu un programme fasciste qui inflige le meurtre et l'oppression à de très nombreux êtres humains au Proche Orient et ailleurs dans le monde. L'oeuvre des perpétrateurs est une double destruction: prendre la vie et ruiner la vie. S'ils ont la chance de ne pas se faire entraîner dans le grabuge, les Musulmans bons et décents, ainsi que leur vis à vis Chrétiens et Judaïstes, se tiennent sur la touche pour contempler ce qui est fait au nom de leurs croyances chéries. En fin de compte, ceux qui commettent et promeuvent la violence et le meurtre, dans l'expression de leurs croyances religieuses, ne sont, peut-être, qu'une fraction minuscule des fidèles, mais ce sont eux qui déterminent le cours des événements, qui modèlent l'histoire, qui influencent la société et qui mettent en péril toute la biosphère.
Comment se peut-il qu'une poignée d'individus aberrants, qui pervertissent les principes religieux qu'ils prétendent soutenir, aient une telle puissance prépondérante sur le monde?

Une explication pourrait être l'unanimité de la croyance. Même lorsqu'elles sont passivement soutenues et point mises en application par la plupart des croyants, les croyances religieuses peuvent inspirer et légitimer les actions extrémistes commises par la poignée de purs et durs. La croyance dans le châtiment divin, par exemple, fait partie du credo partagé par les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans. De nombreuses personnes, bonnes et décentes, n'agissent pas cependant en fonction de cette croyance. Elles ne se font pas les instruments du pouvoir de Dieu d'infliger un châtiment. Quelques unes le font et les conséquences se font ressentir dans le monde entier. Les extrémistes religieux gagnent une mesure de pouvoir disproportionné grâce au consentement passif de ceux qui partagent leur système de croyance - et ce sont des milliards de croyants. Bien que de nombreux Chrétiens objectent à l'invocation de leur croyance pour légitimer la guerre et la politique, ils s'identifient cependant avec des croyances telle que la mission de la poignée de justes d'accomplir le plan de Dieu (seconde composante du complexe du rédempteur) et telle que le jour final du jugement lorsque Dieu corrige toutes choses (quatrième composante du complexe du rédempteur). L'unanimité de la croyance est une force liante qui confère une identité commune aux croyants afin qu'ils n'aient pas à faire face aux difficultés de la vie entièrement par eux-mêmes. De même, elle encourage une force aveugle de collusion qui implique tous les croyants dans les actions commises par des co-croyants, même si ces derniers ne constituent qu'une minuscule fraction des fidèles.

Il pourrait être objecté que l'interprétation des croyances que les personnes bonnes, et aspirant à la paix, soutiennent en commun avec les extrémistes, les met à part de ces derniers. Cependant, la force fondamentale de la religion ne repose pas dans ces interprétations. En réalité, les interprétations ne comptent que pour peu, bien qu'elles fournissent une couverture bien pratique pour se cacher derrière lorsque le sang coule au nom de Dieu. Une double dynamique est à l'oeuvre dans l'unanimité: l'identification avec les croyances et la participation à l'histoire en laquelle les croyances sont inscrites et codées. Les personnes non-extrémistes, et aspirant à la paix, trouvent leur identité dans les croyances mais elles n'incarnent pas le comportement destructeur qui pourrait être, et qui est souvent, attribué aux croyances qu'elles soutiennent. Elles adhèrent également à l'histoire qui enchâsse leur système de croyance mais elles l'intériorisent, la tenant pour un article de foi personnelle, qui ne doit pas être imposé à autrui. Les extrémistes qui commettent la violence, dans l'expression de leurs croyances, participent à l'histoire de leur foi d'une manière très différente. La violence sectaire et fondamentaliste émerge moins du fait d'agir en fonction de croyances que du fait d'incarner l'histoire en laquelle les croyances sont encodées.
Un Envoûtement Narratif
La puissance de l'histoire est ce qui transforme les croyants en extrémistes. Cela présente une situation excessivement dangereuse car l'envoûtement narratif de l'histoire de la rédemption peut emmener toute la race humaine vers un comportement dément et inhumain. Les êtres humains peuvent agir en opposition avec leur propre humanité s'ils suivent un script, concernant ce que cela signifie d'être humain, qui est erroné, illusoire et chargé de fausses espérances. Je suppose que c'est précisément ce que les Gnostiques perçurent dans la narration de la rédemption des premiers Chrétiens.

Les perpétrateurs citent souvent des passages des Ecritures pour justifier des actions telles que le suicide à la bombe ou l'invasion de l'Iraq mais ils sont impulsés, par-dessus tout, par la force dramatique de l'histoire qu'ils incarnent. De nos jours, différentes factions de la société sont en compétition pour voir laquelle peut réaliser l'histoire de fin de jeu de la manière la plus violente et la plus dramatique possible. Le pouvoir de l'unanimité favorise les extrémistes parce qu'ils suivent un script attribué à une source surhumaine: les croyants non-extrémistes ne peuvent remettre en question le script sans se dresser à l'encontre de l'autorité surhumaine, ce qu'ils ne sont pas, en tant que croyants, enclins ou capables de faire. Les gens normaux, tolérants et amoureux de la paix n'extériorisent pas l'histoire de leur foi d'une manière violente mais, cependant, ils sont complices de la violence intrinsèque à l'histoire. Les croyants tolérants (“modérés” dans le jargon des nouvelles tous les jours) se caractérisent pas une révérence pieuse pour l'histoire encodée dans leurs croyances religieuses ou par un simple attachement sentimental. Dans les deux cas, ils ne se sentent généralement pas contraints à vivre selon les injonctions qui informent le script. Néanmoins, la force de l'unanimité les impliquent dans une collusion avec ceux qui le font. Il y a une autre leçon sévère et amère à apprendre de l'histoire: à quel point les gens bons peuvent se rendre complices du mal en partageant le système des croyances des perpétrateurs. La croyance engage ceux qui croient et elle les engage de façon absolue.

Comprendre cette situation alarmante, c'est reconnaître ô combien il serait difficile que les choses soient autrement. Supposons que des personnes bonnes et décentes doivent affirmer la puissance de leurs convictions à l'encontre de la perversion de ces mêmes convictions par des extrémistes. Comment pourraient-elles le faire? La force de l'unanimité érige une situation par laquelle une poignée d'individus dominent tous les autres. A moins que les modérés s'opposent aux extrémistes d'une façon directe et dramatique, quasiment un à un, la dynamique ne pourra jamais changer. A moins que les modérés, et amoureux de la paix, prennent leurs responsabilités pour agir résolument à l'encontre des extrémistes, les perpétrateurs et les groupes de perpétration auront toujours le dessus. Ils gagneront un excès de pouvoir de la collusion passive de ceux qui partagent leur système de croyance. Cela explique comment le mal et les injustices peuvent prévaloir dans le monde quand bien même, à n'importe quel moment, il y a considérablement plus de personnes bonnes et décentes, agissant avec gentillesse et tolérance, qu'il y a de perpétrateurs.

Il n'existe pas de solution totalitaire à la violence. Il existe divers types et causes de violence de par le monde et toutes les perpétrations de la violence vues dans l'histoire ne peuvent pas être attribuées à ceux qui suivent la narration de la rédemption. Mais la violence qui a le plus profondément modelé le monde entier, infligé la plus grande intensité de souffrance humaine, nuit considérablement aux créatures non-humaines, et saccagé désastreusement l'environnement - cette violence est impulsée et cautionnée par le complexe du rédempteur. Ce serait déjà une victoire énorme pour le futur de désamorcer cette violence seule.

Le patriarcat, l'instrument historique primordial de la domination, utilise les croyances rédemptionnistes pour garantir l'unanimité mais, ainsi que l'anthropologue culturel René Girard l'observa, “la religion ne protège l'homme que tant que ses fondements ultimes ne sont pas dévoilés”. C'est une remarque étonnante mais qui nous fait nous demander: protéger l'homme de quoi? On pourrait penser que des idéaux élevés tels que la charité, la tolérance et le pardon, qui sont inscrits dans le script de la rédemption, servent à nous protéger de la violence. Mais Girard n'est pas d'accord et moi non plus. La religion protège les hommes de voir sa complicité dans la violence qui infecte les croyances religieuses. Ce n'est pas la violence unique qui prévale dans le monde mais c'est de loin la plus insidieuse, la plus létale et la plus généralisée.

Les perpétrateurs purs et durs diffèrent des croyants, non nuisibles, par leur manière fanatique de vivre l'histoire dans laquelle leurs croyances sont encodées. Les gens décents, bien-intentionnés et aimables n'ont pas besoin de l'incarner de façon agressive, cependant leurs vies sont dominées par ceux qui le font. Comment cette relation de collusion peut-elle être brisée? En exposant et en réfutant la démence des croyances rédemptionnistes, tel que le firent les Gnostiques. Et de manière plus cruciale, en brisant l'envoûtement narratif des dominateurs. Le refus d'adhérer à la narration de la rédemption pourrait être qualifié de désobéissance spirituelle à l'instar de la désobéissance civile de Thoreau et de Gandhi.

La meilleure façon de vaincre le patriarcat, c'est de défier sa narration auto-légitimante et de s'en désengager.

De nombreuses personnes de foi religieuse traditionnelle pourraient agir ainsi et cependant conserver leur foi dans les principes de l'amour, du pardon, de la charité, de la paix et de la tolérance. Est-il possible d'avoir foi en ces principes en eux-mêmes, indépendamment d'une narration de légitimation? Si ce n'est pas possible, le monde ne pourra pas être sauvé du rédemptionnisme. Cependant, en désavouant l'histoire tout en restant fidèles à leurs idéaux, les gens de bon coeur prouveraient que la religion peut être pratiquée sans collusion avec ceux qui en font un prétexte pour la domination. Se dissocier de la narration de la rédemption serait la voie la plus efficace, pour les personnes décentes et amoureuses de la paix, de mettre fin à leur complicité dans le programme des oppresseurs.


Dernière édition par Sitting Bull le Mar 17 Jan - 6:01, édité 1 fois

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Nymphes des Arbres et Shamans aux Arbres Pendus

Message  Invité le Sam 13 Aoû - 6:44

Nymphes des Arbres et Shamans aux Arbres Pendus
2. Romance Chthonienne
John Lamb Lash

Traduction par Dominique Guillet d'un essai de John Lash "Tree Nymphs and Tree-Hung Shamans. 2. The Chthonian Romance".

Dans le temps qui précéda l’invention du temps, durant le long prélude à la préhistoire de l’espèce humaine, les shamans mâles naissaient de femmes qui étaient arbres. Qui étaient ces shamans? Ils étaient les premiers hommes de la race humaine car au début de leur temps sur cette planète, tous les membres mâles de notre espèce étaient des shamans. C'étaient des chasseurs accomplis qui venaient d'une autre partie du cosmos mais ils appartenaient, cependant, à la Terre d'une manière telle qu'ils ne pouvaient alors le comprendre. Ils arrivèrent, en effet, à la planète qui était leur demeure sans savoir que c'était leur demeure planétaire.

Une situation bizarre et étrange. Et cela prépare la scène de la romance chthonienne.

Chthonos vient du Grec “terre, sol, royaume primaire”. Chthonien ou Chthonique fait référence aux mondes inférieurs, au monde des enfers.
Une Divinité Extravagante
Du moment où elle plongea du coeur galactique au moment où elle se métamorphosa en la Terre, l'Eon Sophia passa par de nombreuses périodes de joie, de chagrin et de confusion. Durant une bonne partie du temps incalculable qui précéda sa métamorphose terrestre complète, la Déesse était empêtrée dans la matière élémentaire du bras galactique tournoyant, le troisième à partir du coeur. Son flux de Lumière Organique, blanche comme perle, s'alourdit progressivement sous le poids des scories inorganiques du dema, les champs de matière élémentaire dense. Elle était un immense torrent, telle une traînée d’embruns constitués de jets magnétiques liquéfiés, du vif-argent vivant rassemblant de la masse et de la matière inorganique en elle-même. Sophia se prépara à la délivrance, ses courants firent des circonvolutions pour se rouler finalement en la forme foetale d’une sphère planétaire.

Mais durant le processus même de ces immenses mutations, Sophia avait une conscience aiguë de son environnement. Elle percevait, tout autour d’elle, l’essaim des Archontes, telle une plaie de criquets émergeant du dema. Et elle percevait, également, la lueur douce de la matrice rayonnante de l’Anthropos, qui flottait dans la Nébuleuse d’Orion, comme un filet de perles de rosée dans une toile d’araignée. La matrice était constituée de tétraèdres imbriqués d’acides nucléiques dont les axes étaient définis par un groupe compact de jeunes étoiles dans l’Amas du Trapèze. La matrice reposait au coeur du mauve rubicond de la Nébuleuse d’Orion, une tache de souffle coloré sur le miroir d’obsidienne de la nuit cosmique.

Le scintillement de l'Anthropos séduisait profondément Sophia. Elle garda son regard fixé sur lui alors qu'elle se métamorphosait en la Terre. Avant sa descente du Plérome, Sophia et l'Eon Christos, avec comme témoin l'entière compagnie des Dieux Pléromiques, avaient configuré sa matrice en une forme tétraédrique aux multiples facettes. Ils préconçurent l'espèce humaine par la puissance de l'epinoia, l'imagination divine. Dans le chrisme de l'acide nucléique, ils sécrétèrent ses propriétés, l'archétype divin de potentiel humain, imaginé dans l'extase. Ils dotèrent la singularité de l'Originateur avec un code qui lui soit propre, une signature évolutive spécifique. Ensuite, selon la loi cosmique, ils le libérèrent dans le cosmos comme un spore éternel libre de se répandre de lui même dans des mondes nombreux. Et les Eons se retirèrent dans la contemplation.

Mais Sophia témoigna d'un intérêt démesuré pour la singularité humaine. Se déplaçant vers l'enveloppe périphérique du Plérome, elle joua de son epinoia en Rêvant sans partenaire et sans en déférer à l'Originateur. C'est pour cela qu'elle fut appelée Prunikos “extravagante, audacieuse, téméraire”. Finalement, la force de son désir intense de créer un monde pour la singularité humaine l'entraîna dans le cosmos extérieur et elle devint ce monde.

Mais au moment crucial de la transformation de Sophia, juste avant qu'elle cessât d'être un torrent et s'enroulât foetalement sur elle-même pour devenir une planète, elle fit une autre chose complètement extravagante. A ce moment, déchirée entre deux mondes, son angoisse atteignit un paroxysme. La seule chose qu'elle put faire, afin de conserver sa lucidité, fut de se focaliser sur le scintillement dans le Trapèze, le réseau perlé de filaments nucléiques flottant dans la lueur moléculaire brillante. Ses flux la subjuguaient, son désir de devenir la Terre approchait de son accomplissement. Cependant, le désir intense, qui la métamorphosait en un globe planétaire, avait un autre objet: la singularité humaine. L'Eon Sophia sentit que la planète vivante, qu'elle était sur le point de devenir, était aspirée dans le manège planétaire dépourvu de vie des Archontes et elle résista farouchement. Néanmoins, l'intensité de ses émotions affaiblissait sa résistance et la rendait de plus en plus lourde, pleine de circonvolutions. Son indépendance déclinait rapidement, et elle se verrait bientôt capturée par ce domaine extra-terrestre.

Avec tout le reste de la force divine qu'elle put rassembler, Sophia concentra sa passion sur l'Anthropos, gardant cette image lumineuse légère au centre de son coeur, comme un précieux yidam, une divinité imaginée. Et lorsque le moment crucial vint, elle ne le lâcha pas, elle ne faillit pas une seule seconde dans son Rêve de la singularité humaine. L'intensité de la fidélité à cette image était d'une telle vastitude que, lorsqu'elle tournoya une dernière fois, avant de rejoindre le manège planétaire, elle fit appel à tout ce qui lui restait de puissance divine pour se propulser avec force, au travers du bras galactique et de la nébuleuse, dans le coeur du Trapèze, déchirant la matrice en deux avant de s'effondrer, dans une dernière rotation, dans la mécanique céleste gravitationnelle du monde des Archontes. Ce fut ainsi la dernière manifestation extravagante de son désir.
La Séparation des Sexes
Lorsque l’Eon Sophia tangua vers Orion et rompit la matrice de l’Anthropos, elle en ramena une partie avec elle, telle une écharpe déchirée emmêlée dans un arbre arraché d’une falaise lors d’un violent orage, un arbre aux racines agglomérées en une masse ronde d'humus: la Terre. L'arbre-planète tournoya sauvagement autour de la masse arrondie, puis les membres se retirèrent dans les racines et la bannière en loques de rosée nucléique fut absorbée dans la douceur du globe de la terre maternante.

Le tissu déchiré était la partie femelle de la matrice de l'Anthropos, l'élément Omega. La partie mâle, l'élément Alpha, était restée derrière, dans la Nébuleuse d'Orion. C'est l'origine de la séparation des genres. C'est le prélude cosmique à la romance chthonienne entre les hommes Alpha d'un autre monde et les femmes natives de Gaïa - les moitiés séparées de la même espèce. (voir, ci-contre, l'Androgyne Alchimique, une illustration symbolique de la réunion des deux sexes séparés. Turba Philosophorum, une anthologie alchimique du 17 ème siècle).
Souches de Sidhe
Lorsque Sophia devint Gaïa, elle amena la moitié de la race humaine avec elle dans l’incarnation terrestre. Les femmes Gaïennes furent appelées Sidhe en mémoire des sons aigus des mélopées qui résonnaient de la Terre durant les longues périodes de leur gestation dans le ventre tellurique.

Sidhe. Un terme Celte, “femmes-fées, fées”, équivalent du sanscrit stri “femme, femelle anatomique”.

A l’image des Ancêtres du Temps de Rêve dans les chants Aborigènes, les femmes originelles de la Terre émergèrent du buste inachevé de la topographie Gaïenne et modelèrent les terres. Les déesses nées des rochers étaient les formes les plus archaïques de Sidhe dont le souvenir se retrouve dans des mots rares comme Rhea “flottant du roc”, Lakhamu “serpent de terre” et Louhi “lourde sorcière”. Et bien sûr, Gaïa, la planète mère elle-même. Les Sidhe n'émergèrent dans des formes indépendantes que lorsque la planète devint complètement poreuse, lorsque Sophia eut totalement fusionné sa Lumière de haute porosité avec les éléments physiques. L'acceptation de sa métamorphose en Gaïa engendra spontanément les Sidhe à partir de la matrice déchirée, comme des champignons se propagent à partir d'un filament de mycélium.

Les femmes indigènes originelles furent des production organiques du Rêve de la Terre. C'étaient des rêveuses puissantes qui pouvaient générer de leurs corps de nombreuses espèces d'animaux, d'oiseaux et d'insectes. Dans le Rêve qu'elle partageait avec la Déesse Sophia, les premières femmes engendrèrent des extrusions élaborées à partir du buste planétaire. Elles inventèrent des palais avec de nombreux étages aussi ornés que Borobudur ou Angkor, des havres dans lesquels la ménagerie Gaïenne d'animaux sacrés vivait en strates hiérarchisées. Les femmes, elles-mêmes, vivaient nues à l'extérieur, et elles se reposaient dans des tumulus profonds connus plus tard sous le nom de “collines des fées”. Elles reproduisaient, de façon asexuée, les nombreuses souches d'espèces exotiques dont elles avaient la charge et, par une variante du même processus asexué, elles se reproduisaient elles-mêmes.

La lignée mère des diverses sortes de Sidhe était la lignée Kerali. Au fil des temps, cette souche devint une parmi les autres, bien qu'elle en fût la matrice générique. Egalement appelée la souche Parthénique ou souche “vierge”, c'est la lignée de base de toutes les déesses que la mémoire ancestrale associe avec des consorts mâles, les “dieux mourant et ressuscitant”, Dumuzi, Thammuz, Attis, Adonis et beaucoup d'autres. Les dieux mourant étaient les hommes d'Orion, en amour avec les filles de Gaïa -mais ce n'est que la partie romantique et tendre de cette histoire.

Durant de longues périodes du temps terrestre, les hommes qui viendraient s'accoupler avec les femmes de Gaïa n'étaient pas encore arrivés sur la planète.

A partir de la lignée Kerali, Gaïa produisit de nombreuses souches de Sidhe afin qu'elle puisse s'exprimer sur le plan humain.

A partir des pores glabres de Gaïa, émergea la race des serpents, les Nagas, les femmes-serpents qui étaient dotées de pouvoirs magnifiques de guérison.

A partir de ses pores velus, émergèrent de magnifiques habitants du royaume des arbres, de resplendissantes nymphes des arbres, les dryades. Durant de vastes périodes, on ne pouvait pas les distinguer des arbres dans lesquels elles demeuraient: les dryades changeaient d’arbres comme les femmes changent de garde-robes, mais au fil du temps, des hybrides apparurent, des nymphes qui s’associaient à une seule espèce d’arbre, comme le laurier, le cyprès ou le genièvre.

A partir des fluides corporels de Gaïa, émergea la race des séduisantes nymphes d’eau appelées les ondines. Elles existent sous de multiples formes, des sirènes qui chantent dans les profondeurs de l’océan aux entités éthérées qui changent de formes et qui gardent les cascades, les puits, les sources, les lacs, les rivières, la pluie et la brume.

A partir de la lave volcanique qui amenait ses menstrues, Gaïa produisit la race des Dakinis, des sorcières tutélaires douées de terribles pouvoirs magiques qui brandissaient des poignards de feu et buvaient le sang jaillissant du corps des animaux qu’elles démembraient.

Les Dakinis du feu, les Nagas de la terre, les Dryades de l'air et les Ondines de l'eau étaient les variations élémentales de la souche des Kerali. Toutes les souches étaient originellement vierges et parthénogéniques, à savoir qu'elles n'avaient pas de contrepartie mâle. Les Sidhe ne savaient pas ce qu'elles manquaient. A ce jour, les shamans songent à l'illusion de la primauté mâle. “Le premier homme n'était pas un homme, le premier homme était une femme” dit Ino Moxo avec un petit rire narquois.

Mais cette longue histoire est tout sauf amusante.

Antique Rivalité

La rivalité entre l’homme et la femme commença à se manifester lorsque les entités de type mâle de la Nébuleuse d’Orion arrivèrent sur la Terre, qui était jusqu’alors un paradis terrestre habité uniquement par des femmes sauvages, et chassèrent, jusqu’à l’extinction presque totale, les animaux sacrés de la Déesse Gaïa.
Durant des lustres avant l'arrivée des mâles Alpha, les Sidhe vivaient dans leur tumulus de fées, semblables à des entrailles, ne dépendant aucunement de la reproduction sexuée. En absorbant les vagues massives de chaleur de la planète, leurs ventres gonflaient, à l'instar de dômes, et les ménageries d'animaux, d'oiseaux et d'insectes émergeaient des havres souterrains, dans des pulsations successives d'extrusions. La parthénogénèse Gaïenne se manifestait spontanément lorsque les Sidhe se retiraient dans leurs tumulus durant certaines saisons, sous certaines configurations étoilées. La myriade d'espèces émergeait comme des mèches plasmatiques jointes en ballons tubulaires extrudant des nombrils-étoiles des femmes en transe. Chaque espèce assumait les traits et les formes de la configuration céleste avec laquelle elle était en phase. (Ces structures natales furent conservées ultérieurement dans les correspondances zodiacales/animales).

Les hommes d'Orion n'étaient pas natifs de ce monde terrestre alors que les femmes Gaïennes s'étaient développées à partir de la substance même de la planète mère. Durant des temps immémoriaux, les Sidhe étaient les seules à habiter la Terre, ignorantes du fait qu'elles constituaient la moitié d'une espèce à deux sexes. Le fait que ni les hommes d'Orion ni les Sidhe ne prirent conscience qu'ils étaient des éléments complémentaires de la même matrice spécifique, malgré leur différence sexuelle dès les origines, devint la cause essentielle d'une confusion et de soucis gigantesques. Mais ce fut aussi l'opportunité pour une longue épopée d'amour et de transformation. C'est la romance chthonienne.

Les entités basées à Orion arrivèrent avec des courants plasmatiques hyper-chargés qui amenèrent des turbulences étranges dans les cieux sereins au dessus des pavillons animaux aux dômes blancs. Leurs corps de nature mâle se condensèrent lentement à partir du magma du monde du Trapèze mais ils restèrent, pendant de longues périodes, gigantesques en stature et monstrueux quant à leurs dons contingents. Ils étaient poussés par un mugissement dans leur tête (reproduit ultérieurement par le taureau mugissant), un son qui les absorbait dans l'envoûtement de la magie de la chasse. La chasse n’était pas, cependant, une simple aventure de recherche de sensations. Au début, cela n’était ni une quête mystique de l’unité avec la proie ni un désir stupide de trophées. Les Hommes d'Orion étaient guidés par une impulsion primaire de rechercher des indicateurs totémiques qui leur révéleraient leur rôle dans l’ordre cosmique.

Les hommes d’Orion étaient essentiellement doués de facultés pour la chasse. Leur impulsion aveugle généra un éventail de rites, de déguisements et de techniques de chasse.

Durant leur première rencontre avec les Sidhe, les hommes d’Orion furent les vecteurs inconscients d’une intention transdimensionnelle, une force si pure et si nouvellement forgée qu’elle ne portait aucune marque d’identification, aucune signature d’auto-évolution. Ils construisirent une identité en accumulant des indicateurs totémiques mais ils restaient cependant ignorants de leur identité cosmique originelle, de leur signature génétique innée, l’Anthropos. En accumulant des signes totémiques d’une manière relativement inconsciente, les mâles Alpha ne soupçonnaient pas qu’ils pussent trouver leur contrepartie authentique dans les Sidhe. Ils ne prirent pas conscience que leur identité humaine originale dépendait de l’harmonisation entre les genres.

Nous n’en avons pas conscience non plus.


Alors que la mitose Gaïenne prévalait, les Sidhe faisaient l’expérience d’un lien d’empathie sans réserve avec la myriade de leur progéniture. Les femmes Gaïennes protégeaient farouchement leur couvain. Les parties de chasse d’Orion ne posèrent tout d’abord pas une menace pour le miracle de la symbiose Gaïenne. La prédation ne produisait que des variations légères dans la croissance ou la décroissance d'une espèce.


Dépassement des Quotas

Mais au fil de nombreuses époques, le rythme changea et la frénésie s’accentua. En absorbant des marques totémiques du vaste éventail d’espèces Gaïennes, ils acquéraient également mana, une surcharge de force vitale tellurique. Enraciné dans la terre, mana était un pouvoir nouveau et fascinant, assez différent de la turbulence plasmatique dans le monde nébulaire d’Orion. L’excès, la surabondance mâle, était leur faiblesse innée. Cela devint alors la signature de leur expression extérieure. De par l’excès de mana, ils commencèrent à chasser de plus en plus d’animaux, de plus en plus fréquemment, de plus en plus aveuglément et indifféremment.

Les Sidhe observèrent ce changement avec une inquiétude intense. Elles souhaitaient instinctivement protéger l’équilibre symbiotique de la planète et préserver son rôle privilégié de berceau transdimensionnel pour des mutations épigénétiques. Interloquées par le spectacle des excès mâles, elles étaient cependant patientes avec les intrus. A un moment crucial, les femmes Gaïennes firent une avance fatale. Elles offrirent aux chasseurs un totem animal pour la tendresse, une qualité dont les mâles manquaient visiblement. Elles choisirent un lapin à longues oreilles mais cet indicateur totémique ne plut pas aux hommes qui le rejetèrent. Les mâles Alpha ne voulaient pas devenir des hommes-lapins. Il s'ensuivit que cette espèce décrut pitoyablement et sortit du Rêve (à savoir, une extinction).

Beaucoup plus tard, Orion le Chasseur put être visualisé avec Lepus le Lièvre, à sa traîne, une mémoire archaïque de cette ouverture manquée.

En raison de problèmes de communication, les femmes Gaïennes étaient incapables de mettre un frein à l'obsession de chasse des hommes d'Orion. Elles ne savaient tout simplement pas entrer en relation avec ces entités de type mâle qui leur apparaissaient comme des déités gonflées descendant du ciel. Les prêtresses Gaïennes en charge du Rêve Animal commencèrent finalement à être tourmentées. Ayant observé que les entités d'Orion témoignaient d'une forme particulière d'activité mentale fondée sur le calcul et les structures géométriques, elles réagirent d'une manière correspondante: elles établirent un quota à la chasse. Cette proposition fut largement ignorée, comme si les chasseurs, qui clairement étaient incapables de s'imposer leurs propres limites, détestaient se faire imposer des limites par autrui.

Les prêtresses prirent alors une mesure extraordinaire de contrôle: elles exigèrent le sacrifice d'un chasseur mâle pour compenser un dépassement de quota. La vie d'un chasseur en échange des vies de tant d'animaux magiques semblait approprié aux yeux des femmes Gaïennes mais cela engendra une semence d'inimitié entre elles et les hommes d'Orion. Les femmes du clan Artémis, dont le rôle spécial était de protéger le Rêve Animal, imposèrent la pénalité de mort. Un ancien mythe raconte qu'Artémis envoya le scorpion pour piquer Orion le Chasseur qui mourut de ce poison, victime de la peine capitale parce qu'il avait excédé les limites de la chasse.

Ces événements constituèrent les prémisses de tous les autres épisodes ultérieurs d'antagonisme inter-générique dans l'espèce humaine.

Amour Parmi les Arbres

Mais tout n’était pas perdu car d'autres relations se développaient entre les Sidhe et les Hommes d'Orion. La problématique non résolue de sacrifice mâle généra un schéma permanent de méfiance mutuelle mais des relations entre les deux genres dissociés éventuellement s'établirent. Un certain nombre de chasseurs était profondément attiré par les femmes Gaïennes sans même savoir ce qu'était une femme! L'attraction était en phase avec leurs instincts de chasse car ils voyaient que les femmes étaient sages à l'image des animaux qu'elles engendraient.

Les hommes d'Orion étaient des chasseurs, habiles à se cacher et à poursuivre alors que les Sidhe étaient des Rêveuses qui oeuvraient de façon différente. Le Rêve et la Chasse représentent les reflets authentiques et sains de la polarité sexuelle au sein de l'espèce humaine mais les frontières sont flexibles et des échanges ludiques ont lieu. Il existe des rêves et des chasses inter-génériques...

Au fil des époques, certains chasseurs devinrent fascinés par les pouvoirs de rêve des femmes Gaïennes. Ce fut l'attraction originelle, le premier mouvement tâtonnant de reconnaissance mutuelle entre les genres. Les diverses souches de Sidhe utilisaient leurs ruses natives pour attirer les hommes dans leurs activités de rêve. La langue crépusculaire mélodieuse des Sidhe fut ouvertement utilisée pour attirer les mâles d'Orion. Au travers d'énigmes spécifiques, les dryades attirèrent les chasseurs dans des exploits compliqués de Rêve au travers desquels les hommes apprenaient les secrets de la myriade d'espèces et de la biosphère.

L'attraction qu'ils éprouvaient vis à vis de ce que les femmes savaient au travers du rêve poussa certains hommes à connaître les femmes plus intimement.

Aucune forme de relation sexuelle ne se manifesta, cependant, pendant une très longue période, car les corps nébuleux des hommes étaient trop volatiles et pas suffisamment solidifiés. Les corps des chasseurs n'étaient pas enracinés somatiquement dans Gaïa. Les rencontres initiales entre les deux genres consistaient en une union des corps nébuleux des hommes avec les corps de rêve (les enveloppes reproductives labiles) des femmes. Cette union devint par la suite une conjugaison, un mélange des corps somatiques et plasmatiques. Elle se développa ensuite en un éventail très étendu de permutations orgiaques. Finalement, la relation fut effectuée d'une façon purement physique, en “connaissance charnelle”.
Mais la romance Chthonienne n'était pas achevée par l'union biologique des genres dissociés. Loin s'en faut, car la connexion originelle, pure et trans-générique, la réciprocité entre le rêve et la chasse, s'échoua dans l'empêtrement biologique. La gloire de cette romance ne fut pas la naissance d'une progéniture humaine à partir des deux genres - ce développement arriva extrêmement tard dans le processus évolutif - mais la naissance des shamans d'Orion en tant que créatures terrestres à part entière plutôt que des intrus qui considéraient la Terre comme une réserve naturelle exotique qu'ils pouvaient piller et abandonner.

Les nymphes, les nagas et les dakinis de toutes souches déployèrent des jeux de séduction vis à vis des mâles Alpha mais ce furent les dryades qui scellèrent la destinée des hommes. C'est la partie la plus belle et la plus tendre de l'histoire des Sidhe et des hommes d'Orion, une aventure qui se développa sur une très longue période. Dans certains cas, l'instruction par de séduisantes dryades tourna en amour et c'est pour cela, qu'à ce jour, il existe un facteur de connaissance dans l'amour. Le pathétique de cette romance chthonienne atteint son paroxysme lorsque certains des chasseurs, qui avaient été condamnés à mourir de par le châtiment d'Artémis, échappèrent à cette mort en grimpant dans les arbres pour expirer extatiquement dans les bras des dryades dont la beauté les avait séduit.

Cette mort, cependant, n'était que celle de leur identité antérieure. Ils cessèrent d'être des hommes d'Orion pour devenir des mâles enracinés dans la terre. Les séduisantes dryades donnèrent naissance à des shamans en les attirant dans une communion permanente de connaissance avec la Terre. Grâce à l'étreinte des nymphes des arbres, les corps plasmatiques des chasseurs acquérirent l'empreinte d'un arbre, le système nerveux chordé. Le Phyllum de la race humaine, le plan bioanatomique de toutes les générations ultérieures, fut la dernière résultante de l'étreinte chthonienne.

Originellement, tous les hommes de l'espèce humaine étaient des shamans nés de femmes qui étaient des arbres.

John Lash. Janvier 2006.

Traduction de Dominique Guillet


Dernière édition par Sitting Bull le Mar 17 Jan - 6:04, édité 1 fois

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Le monothéisme commence avec un dieu qui hait les arbres.

Message  Invité le Sam 13 Aoû - 6:46

Nymphes des Arbres et Shamans aux Arbres Pendus

3. La Conscience de la Nature

Traduction par Dominique Guillet d'un essai de John Lash "Tree Nymphs and Tree-Hung Shamans. 3. The Consciousness of Nature".

Les érudits s'accordent sur le fait que le shamanisme appartient aux strates les plus anciennes de l'expérience religieuse de l'espèce humaine mais ils ne peuvent pas imaginer à quand remontent réellement ses origines. Avant que le calvaire, très bien documenté, du shaman pendu aux arbres n'arrivât, les shamans étaient nés dans les arbres.

“Tout au fond du Grand Nord, disent les Yakut, le grand mélèze aux multiples branches est à l'origine d'une terrible maladie. Sur ces branches se trouvent des nids dans lesquels les shamans naissent. Lorsqu'un shaman doit naître, un grand aigle aux plumes de fer et aux serres en crochets vole vers le mélèze sacré et y pond un oeuf. Lorsque le shaman est de la caste supérieure, l'oiseau reste avec l'oeuf pendant trois longues années. Lorsque le shaman est d'une caste inférieure, le temps pour la couvaison n'est que d'une année. La femelle Aigle est appelée “Mère des Animaux”. Elle apparaît à trois occasions durant la vie d'un shaman. La première fois, lorsqu'elle donne naissance au shaman; la seconde fois lorsque le shaman passe par l'épreuve du démembrement et du sacrifice; la troisième fois, lorsqu'il rencontre la mort pour la première fois. Lorsque l'âme du shaman éclot de l'oeuf, la Mère des Animaux confie le bébé shaman à un esprit-shaman, Brugestez-Udagan, qui n'a qu'un oeil, qu'une main, qu'une jambe. Cette créature étonnante dépose sa charge dans un berceau de fer, le berce, en prend soin et lui amène des morceaux de sang coagulé.” (Joan Hallifax. Les Chamans. Guérisseurs blessés).

La tradition Sibérienne préserve une description détaillée d'événements qui se sont déroulés sur Terre durant le long prélude à la préhistoire. L'image d'Adonis né d'un arbre est une image/concentré de temps d'un événement qui s'étala sur une période très longue et culmina avec la formation d'un système nerveux humain, dans l'épine dorsale, semblable à un arbre, qui définit le Phyllum Chordata dont fait partie l'espèce humaine dans la taxonomie de Linné. L'image mythique est l'encodage compressé d'un événement phylogénétique.
Mythologie Dynamique
Le paragraphe ci-dessus illustre une méthode d'interprétation des traditions indigènes et archaïques qui pourrait être appelée “mythologie dynamique” parce qu'elle considère les récits et les images mythiques comme des archives d'événements qui ont puissamment modelé la réalité humaine et aussi parce qu'elle assume que les éléments mythiques eux-mêmes ont le pouvoir de rappeler et de réactiver ce qu'ils dépeignent. Tout mythe authentique est interactif et psycho-dynamique.

Dynamique, adjectif. 1. Relatif au mouvement produit par des forces ou de l'énergie. 2a. Caractérisé par un changement ou un mouvement continuel. 2b. énergique et puissant. 3. mémoire d'ordinateur: utilisation d'éléments qui requièrent un renouvellement permanent pour conserver l'information stockée. (The Penguin Concise English Dictionary. 2001).

La troisième définition a quelque rapport avec le processus du rappel mythique (ou rappel shamanique, si vous préférez). Si nous paraphrasons: la mémoire de l'espèce humaine s'appuie sur des outils qui requièrent un renouvellement périodique afin que l'information, qui fait l'objet d'un rappel phylogénétique, puisse être conservée. En termes traditionnels, ces “outils” étaient des rituels tribaux de narration, de danse, de percussions et de costumes. Selon le dicton des Na-Khi, un peuple Tibétain du sud-est de la Chine: “Il faut se connecter à la source des plantes sacrées, sinon elles ne peuvent exprimer leur magie”. Eliade affirma que la nature essentielle du mythe est paradigmatique: elle pourvoit un modèle ou un cadre de comportement mais les mythes doivent être constamment racontés afin que ce qu’ils modèlent reste actif, impliqué dynamiquement dans la vie de ceux qui les promulguent. D’une certaine façon, chaque mythe dirige sa propre promulgation. C’était, du moins, le cas dans les sociétés où l’élaboration des mythes constituait un art sacré. D’où la répétition de rites saisonniers en révérence à la Déesse, la promulgation rituelle des exploits des Ancêtres, etc.

Union Cognitive
Dans les temps anciens, probablement durant l’ère Dévonienne (il y a 360 à 408 millions d’années), les nymphes des arbres de Gaïa accouchèrent des chasseurs d’Orion dans une union cognitive permanente avec la Terre. Dans une métaphore neuro-anatomique, les femmes furent aux hommes ce que les dendrites sont aux axones. (NDT. Le terme dendrite vient du Grec dendron, signifiant arbre). La tradition shamanique Sibérienne suggère quelques aspects de cet événement: par exemple, la formation du flux sanguin, un réseau arboré chargé de magnétisme ferrique. L’union cognitive des mâles Alpha était guidée par la suprême présence sur Terre, l’Eon de vie, Gaïa. Le processus impliquait tout le champ magnétique de la planète. Les enseignements des Mystères (conservés sous forme fragmentaire dans les polémiques contre les Gnostiques) décrivent comment l’Eon Sophia fabriqua du sang à partir de l’ocre rouge de la terre et le chauffa à la bonne température grâce à des éruptions volcaniques. Dans le cadre linéaire des ères géologiques, ces vastes changements géophysiques se déroulèrent durant le Permien (250 à 286 millions d’années), en concomitance avec l’effervescence du volcanisme Sibérien.

Dans ces temps reculés, les chasseurs d’Orion qui osèrent les premiers se laisser aller à l'étreinte dendritique et à l’enlacement tendre des nymphes des arbres virent leurs corps plasmatiques infusés par la signature primitive de l’arbre à sang. Les peuples aborigènes qui révèrent l’ocre rouge préservent, sans le savoir, cet événement crucial. Les Mystères de l’Aigle shamanique sur l’Arbre du Monde - une image que l’on retrouve dans le texte Gnostique l’Apocryphe de Jean - a été recouvrée et développée par Carlos Castaneda.

La “maladie” à la racine de l’arbre est indéchiffrable par les érudits mais elle est parfaitement compréhensible si nous la corrélons à l’inimitié primordiale entre les deux genres.

Les femmes devinrent sur-identifiées avec la nature, de par leurs fonctions biologiques. Les hommes devinrent dissociés de leur sens: ils rejetèrent l’union tellurique. Ces disharmonies psycho-émotionnelles au sein de chaque genre n’auraient jamais émergé si les deux genres n’avaient pas été dissociés dès les origines. Nous ne cherchons pas une harmonie perdue depuis longtemps, la redécouverte d’un idéal androgyne, nous cherchons un équilibre que nous n’avons jamais eu, en premier lieu. L’harmonie entre les genres dans l’espèce humaine est une nécessité fondamentale pour sa survie physique. L’amour générique est l’affection mutuelle entre les hommes et les femmes dans la reconnaissance de leur handicaps sexuels. Il existe de nombreux mélanges et variantes de genres, des chasses et des rêves inter-génériques mais la santé basique de l’espèce dépend de la réconciliation de la polarité principale, les genres masculin et féminin. Ce sont quelques enseignements que nous pouvons tirer du mythe des shamans nés dans les arbres.

L’union cognitive avec la terre fut possible parce que la nature a prévu dans la forme humaine l’instrument pour que la conscience de la nature puisse s’éveiller dans le mental. Mais qu’entend-t-on par “conscience de la nature”? La phrase fonctionne dans les deux sens en même temps: premièrement pour indiquer la conscience de la nature, qui lui appartient intrinsèquement, indépendamment de la contemplation humaine, et secondement pour indiquer la conscience humaine de la nature, focalisée sur la nature. De façon paradoxale, la seconde exclut la première. A savoir que notre conscience de la nature ne nous donne pas, normalement, une connaissance directe et certaine de la conscience propre de la nature; nous sommes donc enclins à percevoir la nature comme manquant d’une conscience intrinsèque. Ceci s’applique à l’état ordinaire de conscience, ou réalité consensuelle, des êtres humains de notre époque, mais cela n’était pas ainsi durant d’autres époques. En d’autres temps, lorsque l’animisme était la norme, la réalité consensuelle impliquait une participation directe à la conscience de la nature.

Les shamans entrent en exploration dans des états paranormaux dans lesquels la conscience de la nature est la réalité primordiale de leur expérience. Dans les sociétés dans lesquelles la réalité consensuelle était participative et animiste, il y avait toujours besoin de pénétrer plus profondément dans la nature que les conditions socio-culturelles le permettaient. Le rôle des shamans était juste celui-là: d'aller plus profondément, de pénétrer dans le plan chtonien et de l'explorer. Comme je l'explique dans mon essai “l'Arbre et la Source”, les shamans étaient des intermédiaires entre la culture humaine et le royaume chtonien ou infernal de la nature non-humaine, les mondes inférieurs. Leur vocation était d'aller à des niveaux plus profonds que ceux de la participation collective dans les processus animés et animants de la nature. Les shamans étaient les premiers adeptes de l'écologie profonde dont les connaissances et les capacités se développèrent au fil de leurs rencontres toujours plus profondes avec la conscience de la nature. Les premiers shamans sur terre étaient les chasseurs d'Orion qui abandonnèrent leur avant-poste cosmique en acceptant l'étreinte des nymphes des arbres de Gaïa, des femmes qui se transformaient en arbres et vice-versa. C'est la partie charmante de la romance chtonienne.
L’Appel de Daphné
Dans l'étreinte des nymphes des arbres, les mâles Alpha empreints de rapacité furent transformés. Ou du moins, certains d'entre eux. Ils devinrent des hommes différents, transformés de manière vraie et authentique par rapport à ce qu'ils étaient auparavant. Ils acceptèrent l'abandon comme une façon supérieure de mourir. (Cet acte mythique anticipe le liebestod, la mort-amour, le thème central de la Quête Romantique de la vie spirituelle Européenne. Voir “The Cult of Amor” in The Magdalen Connection). Leur transformation fut dynamique tout comme peut l'être et doit l'être notre rappel. Le poète Rilke le savait bien car il passa par une sorte d'initiation dryadique à l'âge d'homme grâce à Lou Andreas-Salome. Dans les Sonnets à Orphée, II, 12 (1922), il évoqua Daphné, la dryade du laurier.

Chaque nuance de langage, chaque allusion, chaque proposition affirmée dans ce sonnet reflète intimement l'histoire de la romance chtonienne.

“Oh, imprègnes-toi de l'extase du feu” - qui est le feu dans votre sang, mais comment est-il arrivé là? Des volcans qui amenaient les menstrues à la Déesse, “l'esprit impulsion de la terre entière”. Son corps fut la scène de la romance chtonienne et elle ressentit tout ce que les amants originels ressentirent. Son plaisir était leur sacrement. Son ambiance magnétique était la grande étreinte, source de vie et de mort, en laquelle était lové leur amour mortel transitoire.

“Celui qui se cramponne à la simple survie est déjà arrêté” - car tout ce qui est mythique est dynamique et demande notre abandon afin qu'il puisse nous entraîner vers une autre forme de survie. “Suspendu dans les airs” - les premiers shamans grimpaient dans les arbres feuillus des dryades, les belles créatures de l'Air qui nous invitent à devenir le vent.

“Quiconque se déverse comme un ruisseau est appelé à connaître” - juste comme ces hommes nés des arbres lorsqu'ils sentaient le flux sanguin se former dans leurs corps nébuleux, commençaient à connaître la terre d'une nouvelle façon, d'une façon plus vivante et plus intime, en communion avec ce qu'ils contemplaient. “Lorsque deux peuvent croiser leurs chemins et s'en étonner” - comme les chasseurs et les nymphes étaient étonnés et tout comme nous le sommes lorsque les genres se rencontrent et fusionnent. Dans ce rite perpétuel, “la progéniture de notre départ” n'est pas une créature physique, ce n'est pas un enfant qui ressemble à ses parents, ce n'est pas le résultat d'un acte de plaisir, mais le plaisir lui-même - la progéniture d'un effort pur et suprême par lequel nous venons à ressembler aux dieux qui jouent et ne font que jouer.

“Et ainsi, Daphné la vive, transformée en laurier, veut que tu deviennes le vent”.


Odin à Un Oeil
L’exemple le plus célèbre et le plus documenté d’un shaman pendu à un arbre est certainement celui d'Odin, le visionnaire Nordique qui pendit durant 9 nuits et 9 jours dans l’arbre du monde, Ygdrassil. Son rite initiatique est décrit dans le Hamaval, “les paroles d’un inspiré”.

Le Hamaval est la forme écrite d’une récitation de 162 stances préservées par les shamans dans les traditions Nordiques et Islandaises. Cet ancien récit fut recueilli et rédigé au 13 ème siècle par Snorri Sturluson, un historien et poète Islandais. Son oeuvre, appelée l'Edda, représente l'un des recouvrements de tradition shamanique les plus essentiels jamais accomplis. C'est un trésor de connaissance initiatique et mythologique.

Odin resta pendu sur un arbre durant un supplice de neuf nuits pour explorer la mémoire ancestrale et recevoir les runes, un ensemble de neuf formules mantriques. Si les runes sont des clés orales toniques de la syntaxe génératrice de tous les langages possibles, alors l'Arbre doit être un médium d'articulation sublime. Selon Barbara Walker, Ygdrassil “montre de nombreux parallèles avec les arbres-mères, qui produisent des fruits ou du lait ou qui donnent naissance, dans le Proche-Orient, sous leur ancien nom Mjotvidr ou Mutvidr “L'Arbre-Mère”. Parfois, c'était l'Arbre à Hydromel, comme l'arbre donnant du lait des peuples Finno-Ugriques, un symbole qui doit remonter à la Mésopotamie et être très ancien. Il était dit que l'arbre était 'la source des âmes non nées, qui donnerait naissance à la nouvelle femme primordiale, la Vie (Lif) dans le nouvel univers à la fin du cycle présent.” (The Woman's Encyclopedia of Myths and Secrets).

L'arbre qui donne naissance à la femme primordiale devient l'arbre-femme qui donne naissance au langage dans l'oreille du shaman pendu à l'arbre. Le langage est magique et incantatoire, un code oral. Lorsque le shaman entend le langage, il ou elle voit la luminosité merveilleuse dont il/elle procède. Dans l'Edda Islandais, le poète illuminé dit “avec de l'eau blanche / est le grand arbre humide” (Volupsa, V. 19). Parmi les shamans Yakut de Sibérie, le jeune héros mâle, dans sa quête de vision, se retrouve seul dans une vastitude blanche comme lait. Il y rencontre la Grande Maîtresse qui envoie de la pluie de lait qui fait fondre l'arbre qu'elle incarne sous la forme d'une femme qui allaite le héros de sagesse. Ces motifs montrent que l'illumination shamanique indigène, tout comme le shamanisme sophistiqué des Mystères Païens, impliquait une rencontre directe avec la Lumière Organique sans ombres et de la couleur blanche du lait, le corps de substance fondamentale de Sophia.

Dans le vers 137 de Hamaval, Odin dit:

“Je sais que je suis resté pendu dans l'arbre soufflé par le vent
Durant neuf nuits entières, transpercé par une lance d'éclair
Consacré à Odin, à moi-même au-dessus de moi dans l'arbre
Dont nul ne sait comment sonder la racine.”

“L'épée d'éclair”, semblable au vajra ou la foudre sacrée du Bouddhisme Tibétain, est la Kundalini. Odin est consacré à lui-même parce qu'il est bilocalisé, dans une transe shamanique: il est simultanément dans son corps physique et dans un autre corps, dans les Mondes Inférieurs. La capacité d'être dans deux endroits à la fois est un exploit de shamans accomplis. Cela peut arriver, et cela arrive généralement, spontanément. Cela demande de rester conscient, lorsque vous êtes dans un endroit, que vous êtes également dans un autre endroit, et de maintenir cet état de conscience. Odin est “consacré à lui-même”, non parce qu'il accomplit un acte narcissique d'accomplissement personnel mais parce qu'il est intensément concentré sur l'expérience des deux corps. Le récit montre que son supplice est l'acte d'un shaman accompli, plutôt que celui d'un novice qui ne serait bilocalisé que temporairement. Cependant, il admet qu'il ne sait pas même comment sonder la racine de l'Arbre-Monde.

Ainsi que je l'ai écrit dans mon essai “L'Arbre et la Source”, dans lequel j'explique le logo de Metahistory.org: “Le mythe nous enseigne par là que nous devons abandonner notre mode de vision et de compréhension unilatéral, à savoir le processus mental exclusif du cerveau gauche afin de mettre en oeuvre les facultés poétiques et visionnaires de l'autre oeil, la conscience du cerveau droit.” Les images relatives à “un oeil” et à “une jambe” et ainsi de suite font référence à la bilocalisation, la “conscience du côté gauche” comme Castaneda l'appelait. Ces motifs rappellent l’expérience d’Alice (sous l’influence d’un champignon) qui passe au travers de la loupe. Ce n’est qu’en passant de l’autre côté du miroir que l’on prend conscience que le monde entier est séparé en deux faces de miroir. Il est extrêmement difficile de décrire ce paradoxe d’une façon littérale, et les shamans ont donc eu recours au trope de l'unilatéralité pour indiquer comment tout ce qui existe dans le monde physique, tel que nous le connaissons, n'est que la moitié de la réalité car toute chose possède une contre-image dans un autre royaume, un monde physique parallèle.

Dans une autre partie de son initiation, Odin boit de l'eau de la Source de Mimir (mémoire ancestrale) mais en échange de ce privilège, il doit sacrifier un oeil. C'est ce qu'il vous faut faire, patient lecteur, lorsque vous lisez les récits mythologiques que je présente sur ce site. “Les premiers hommes sur terre étaient des shamans nés de femmes qui étaient des arbres”. Lorsque vous lisez cette phrase, vous regardez avec un oeil de votre mental. L'oeil de votre cerveau gauche rationnel est momentanément aveugle parce qu'il ne peut pas analyser ou critiquer cette phrase. La narration mythique ne peut pas être analysée au moment même où on la reçoit. Une fois reçue, elle peut, bien sûr, être analysée et soumise à l'exégèse, au commentaire, etc. Dans la pratique de la mythologie dynamique, comme je propose de l'appeler, nous distinguons rigoureusement entre le temps que nous consacrons à l'absorption des histoires mythiques et le temps que nous prenons pour les commenter, les analyser, les extrapoler et ainsi de suite.

Le temps est comprimé dans un rappel mythique. Je pourrais présenter, par exemple, trois courts paragraphes du Mythe de Gaïa pour expliquer la formation de nos os. Ces paragraphes seraient purement narratifs quant à leur contenu. Ils décriraient ce qui est arrivé et comment cela fut vécu par l'espèce humaine dans des temps reculés. Une fois cette “information” présentée, je pourrais introduire des commentaires, citer des parallèles mythologiques, des suggestions et des notions psychologiques, des exemples tirés de l'art, des traditions indigènes, etc. Ainsi, le poème de Rilke et la recherche de Barbara Walker sur l'Arbre-Mère, valident et développent, tous deux, mon interprétation de la céramique Italienne qui dépeint la naissance d'Adonis.

Il n'est pas inconcevable que trois paragraphes de “mythe brut” puissent générer trente ou quarante pages de commentaires. De tels développements peuvent être considérés comme un prétexte pour des gens comme moi d'afficher leur érudition. Je préfère penser, comme don Juan, que l'exégèse volumineuse est un symptôme de la maladie du sorcier: la compulsion folle à expliquer l'inexplicable.



Erreur avec un T
Revenons maintenant au thème central de cet essai en trois parties: la conscience de la nature. Si la nature possède sa propre conscience avec laquelle notre mode de perception anthropocentrique nous empêche de nous connecter, il est néanmoins possible d'éliminer cet obstacle. Nous pouvons accéder directement à la conscience de la nature. La tradition shamanique, qui est l'expérience religieuse la plus ancienne et la plus durable de l'espèce humaine, témoigne de ce fait. Deux options se présentent à nous si nous avons le désir de surmonter cet obstacle. Tout d'abord de comprendre l'obstacle et comment il agit contre nous. Ensuite, de faire ce qu'il faut pour le surmonter.

Quant à la compréhension de l'obstacle, les Gnostiques avaient beaucoup à nous apprendre. Dans leur critique de la religion de la rédemption, ils affirmaient que les fausses croyances et les idéologies perverses bloquent notre accès direct au royaume de la Nature Sacrée. Nous contemplons à l'image de ce que nous croyons. La croyance ne crée rien mais elle place un filtre sur tout ce nous imaginons et créons. La croyance en un créateur extra-terrestre, par exemple, bloque notre accès à la présence immanente de Sophia dans le monde naturel. Les croyances font obstacle à notre capacité d'expérimenter parce que nous nous identifions à ce que nous croyons. Pour aller au-delà des croyances, il nous faut nous débarrasser de nos identités, de qui nous pensons que nous sommes. C'est pourquoi l'initiation dans les Mystères et les traditions shamaniques requéraient toujours la dissolution de l'identité du soi unique, de l'ego personnel. Cet ego est tel une grille de tréfilerie qui maintient ensemble un jeu de lentilles. Lorsque la grille fond, les lentilles se déplacent et nous percevons le monde d'une manière différente.

Les croyances relatives au sacrifice et à la rédemption constituent un écran puissant et quasi-total pour notre faculté de nous connecter avec la conscience de la nature. Pourquoi en est-il ainsi? Parce que l'imagerie mythologique et symbolique utilisée pour transmettre et imprimer de telles croyances s'appuie sur la distorsion de ces mêmes images-mémoires phylogénétiques qui affirment notre connexion primordiale avec la Terre. C'est comme si certains souvenirs de notre enfance - une barque sur le quai, des livres de montagnes, un fer à cheval - étaient incorporés dans l'histoire de quelqu'un d'autre, altérés et ensuite nous étaient représentés comme notre propre histoire. Et lorsqu'ensuite nous rappelons l'image de la barque sur le quai, nous allons la percevoir dans le contexte de l'histoire implantée plutôt que comme un souvenir authentique de notre enfance.

L'espèce humaine a perdu presque totalement l'accès à la mémoire de sa propre expérience sur le long terme parce qu'elle a été conditionnée à trouver son identité dans le contexte d'une histoire fausse et implantée. Notre capacité à faire l'expérience de la conscience de la nature a été détruite par la distorsion des images-mémoires spontanées qui nous montraient comment nous avons émergé de la nature et comment nous en sommes venus à être ce que nous sommes et où nous sommes dans le cosmos. La destruction de notre capacité pour cette expérience constitue la tragédie de l'humanité moderne.

Dans Deutéronome 12, un dieu extra-terrestre exige la destruction des arbres en son nom. Au passage 21:23 de ce même livre, le Souverain déclare que “celui qui est pendu à un arbre est maudit de dieu”. Sous l'influence des croyances illusoires, les anciens Juifs transformèrent les rites shamaniques d'initiation arborée en un moyen horrible de punition. Une fois introduite par les Juifs, la crucifixion fut reprise par les Romains qui trouvèrent plus pratique de pendre les gens sur des croix faites d'arbres plutôt que sur les arbres-mêmes. Assurément, un grand progrès à l'actif de la civilisation. Pour dire, le Christianisme présente un instrument Judéo-Romain de torture comme le symbole pour son message d'amour divin. Le message est pervers et l'arbre de torture est un substitut pour le berceau de verdure d'amour des origines dans lequel les femmes Gaïennes embrassèrent leurs contreparties mâles, les shamans d'Orion. Quiconque révère la croix, ou porte la croix (même comme apparat) ou fait le signe de la croix se rend complice de ce sinistre stratagème.

Les mythes authentiques sont le vecteur de la mémoire phylogénétique, mais des concepts pseudo-mythiques peuvent également constituer des instruments de contrôle et de manipulation. Les mythes de dieux mourant et ressuscitant qui s'accouplent avec la Grande Mère sont des reflets authentiques du rappel phylogénétique. Le mythe inventé d'un créateur extra-terrestre qui envoie son fils pour être torturé à mort sur un arbre est un instrument de contrôle et de manipulation. Les érudits et les mythologistes ont beaucoup de mal à établir ces distinctions même lorsqu'ils peuvent les concevoir - ce qui est peu probable. Ils assument qu'un mythe en vaut un autre. Carl Jung, par exemple, enseigna que tous les mythes possèdent une valeur égale en tant qu'expression de la psyché collective. Mais Jung avait tort. Tous les mythes ne sont pas des expressions authentiques du rappel phylogénétique. Tous les mythes ne convient pas la vérité et ne génèrent pas la vie. Le Christ sur la Croix ne vaut pas Odin sur l'Arbre du Monde. Le Rédempteur n'est pas simplement une variation ou une version “nouvelle et améliorée” d'Odin. Le mythe est dynamique, empreint de vie et de valeurs de vie. Mais il est peut être également utilisé dans un mode pathologique, empreint d'erreur et d'illusion. La distorsion du véhicule sublime d'un mythe en un instrument de manipulation sociale procède d'une intention délibérée.


Peur Mortelle
Dans ces trois essais, nous avons étudié comment l’image mythique de la naissance d’Adonis fut convertie en l’image de la crucifixion. La co-optation des images-mémoires phylogénétiques introduit des valeurs qui sont contraires aux valeurs inhérentes aux narrations mythiques originelles. Lorsque nous, en tant qu’espèce, déconnectons de la nature, nous devenons la proie de toutes sortes de peurs, et plus particulièrement la peur abjecte de perdre notre identité précieuse. Lorsque nous sommes connectés à la nature, nous pouvons perdre cette fixation égotique, vivre une expérience fantastique de régénération et d’extase, en apprenant une pléthore de choses magnifiques en cours de route, et revenir, totalement indemnes, à notre réalité personnelle. Nous pouvons mourir et revenir maintes et maintes fois.

Mais déconnectés de la conscience de la nature, nous vivons dans une peur mortelle du mystère sublime de cette connexion.

Le Terreur, c’est l’Erreur avec un T en plus. En termes de code mythologique, le symbole ultime de la terreur est la crucifixion sur un arbre parce qu’elle pervertit les images qui véhiculent la mémoire de la façon dont notre espèce communia pleinement avec la Terre. C’est l’instrument qui fait le plus obstacle à notre accès à la conscience de la nature.

La croix est la preuve flagrante de la manipulation morbide qui nous empêche de nous relier à la Terre, de goûter l’extase immortelle de la vie et d’être illuminé par nos propres sens. La distorsion qui a mis en place cet obstacle est-elle une simple erreur des hommes au cours de leur histoire ou bien est-elle le résultat d’une fraude délibérée? C’est une question cruciale que nous devons nous poser si nous souhaitons analyser le mode de fonctionnement de cet obstacle.

Selon mon opinion, la distorsion est délibérée. Le bon sens commun nous dit qu’il doit en être ainsi et la compréhension en profondeur de la nature de la mémoire phylogénétique confirme cette conception. Les parents mentent délibérément à leurs enfants au sujet du Père Noël, sans arrière-pensée. De même, les figures parentales de la société humaine au travers des âges ont menti au sujet du Christ, du sexe, du péché, du plaisir, et de beaucoup d’autres choses. Certains ont menti délibérément en sachant qu’ils proféraient des mensonges; d’autres en sont venus à croire que les mensonges qu’ils répétaient étaient véridiques. Nul besoin de le préciser, cela aide considérablement ceux qui génèrent les mensonges sans réellement y adhérer lorsque de nombreuses personnes acceptent de les répéter, en y croyant totalement. Le système devient presque intouchable car la foi sincère de nombreux croyants leurrés renforce les intentions occultes et sinistres de ceux qui ont délibérément mis en place la tromperie.

Pour terminer sur une note plus légère. Lorsque l’on vit dans un monde dominé par la tromperie, par le pouvoir du Mensonge, cela aide d’être conscient qu’il existe un pouvoir supérieur et compensatoire. Einstein appelait ce pouvoir “le sens du mystérieux”. La tromperie s’appuie considérablement sur la mystification, mais le sens authentique du mystérieux chasse et surmonte la mystification. Il n’y a pas de mystification dans la narration de la romance chtonienne mais il y a un mystère riche et illimité et l’attrait de choses à apprendre. Au contraire, il existe une énorme mystification autour des croyances religieuses fausses et induisant à l’erreur, dans les mythes pervertis et cooptés, et dans les conceptions aveugles de la foi.

C’est en retournant vers nos origines que nous pourrons recouvrer le sens du mystérieux. C’est un retour à la capacité de s’émerveiller. “La discipline est l’art d’être émerveillé” disait Castaneda dans un interview avec Michael Ventura. Telle est la discipline que je souhaiterais présenter et convier dans ces pages.


John Lash. Janvier 2006.


Dernière édition par Sitting Bull le Mar 17 Jan - 6:07, édité 2 fois

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Des religions

Message  Fleur2lys le Dim 14 Aoû - 11:30

Nous sommes passés par des religions de la loi, en effet, "nous les humains", et non pas "eux les je ne sais quoi", puis est arrivée une religion de l'amour , celle du Christ, avec toujours des abus d'églises et de gens de pouvoir,dont nous avons peut être fait partie lors de nos précédentes incarnations. A présent, nous en arrivons à une (ou des) religions où chaque humain s'apercevra de son étincelle divine , pour l'enflammer en unifiant l'art et la création, beauté divine en tout élément, l'essence spirituelle en toute chose, le mental et la transmutation en toute occasion... Et tout ça dans le respect de la différence. I love you sunny

Ben quoi, on peut rêver non ?

drunken king

Je trouve un peu facile de la part de cet auteur, qui écrit très bien du reste, de limiter l'apparition du monothéisme à toutes les horreurs qu'il a engendré. Sitting Bull, tout d'abord, enchantée de faire ta connaissance. Quand je suis arrivée en février, il n'y avait plus qu'une astérisque à chacun de tes post. Question Connaitrais-tu un autre auteur qui en ferait plutot l'apologie du monothéisme? de manière à équilibrer. flower
avatar
Fleur2lys

Messages : 1170
Date d'inscription : 03/02/2011
Age : 56
Localisation : entre Lyon et Grenoble

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le monothéisme commence avec un dieu qui hait les arbres.

Message  fluorikar le Lun 15 Aoû - 15:19

Je veux partager ce rêve Fleur2Lys !

Pour ma part, j'aime croire que chaque religion vient d'un initié
honnête et bienveillant; mais ensuite, il y a toujours une déformation,
une interprétation ,une utilisation par les égos et les pouvoirs..
La vérité est au delà des mots et de l'usage qu'on voudrait lui
attribuer; aussi, c'est très difficile de la transmettre au peuple!

Et donc je trouve ce texte très intéressant !!
Même si pour moi c'est plus une critique de ce que sont devenu
ces religions que ce qu'elles voulaient être. Et puis, elles n'ont pas
non plus que ces aspects négatifs, elles peuvent encore amener les
esprits libres vers la spiritualité et l'amour!

Qu'est ce qui assombrit les religions ?
J'ai l'impression que c'est aussi la tendance à vouloir une
vérité extérieure à soi et de la protéger; si on donne une
vérité à quelqu'un qui ne veut pas vraiment la chercher par
soi même; et bien, elle se transforme en partie en dictature,
même si à la base elle était positive et clairement expliquée..




avatar
fluorikar

Messages : 756
Date d'inscription : 08/12/2010

http://evol-ution.forumgratuit.be

Revenir en haut Aller en bas

religions et abus, mais pas que ça.

Message  Fleur2lys le Lun 15 Aoû - 19:02

sunny I love you sunny I love you sunny I love you sunny I love you sunny I love you sunny I love you sunny I love you sunny I love you sunny I love you sunny I love you sunny I love you sunny I love you sunny I love you sunny I love you sunny I love you
Comme très souvent, bien d'accord avec toi Fluorikar . Cependant j'aimerais trouver un texte qui explique les apports du monothéisme par rapport aux cultes précédents. Je suis certaine qu'ils existent.
avatar
Fleur2lys

Messages : 1170
Date d'inscription : 03/02/2011
Age : 56
Localisation : entre Lyon et Grenoble

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le monothéisme commence avec un dieu qui hait les arbres.

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum